vendredi 20 octobre 2017

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Ouverture à Paris du deuxième procès d’une "filière irakienne"

Reuters

mercredi 1er octobre 2008, sélectionné par Spyworld

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Le procès de trois Marocains et d’un Algérien soupçonnés d’avoir participé à Montpellier (Hérault) à la création d’une filière d’acheminement de combattants intégristes vers l’Irak s’est ouvert ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris.

Hamid Bach, 38 ans, Youssef Bousag, 23 ans, Reda Barazzouk, 26 ans, arrêtés en 2005 pour le premier et en 2006 pour les autres, comparaissent détenus. L’Algérien Abd el Magid Liassine, 35 ans, arrêté en 2006, est jugé libre.

Ils encourent jusqu’à dix ans de prison pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste". Le procès se terminera à la fin de la semaine prochaine.

C’est le deuxième procès en France d’un "filière irakienne", après celui ayant abouti le 14 mai dernier à la condamnation de six Français et d’un Algérien à des peines de prison ferme de 18 mois à sept ans.

Cette première filière, démantelée en 2005 et animée par le prêcheur extrémiste Farid Benyettou, recrutait des "djihadistes" dans une mosquée et un foyer du XIXe arrondissement de Paris, avant de les acheminer en Irak via des établissements religieux radicaux en Syrie et en Egypte.

Le deuxième procès provient d’une disjonction de la même enquête, ouverte après transmission à la justice de rapports de la DST, les services de renseignement, sur le décès en Irak de plusieurs Français, au combat et dans des attentats suicide.

L’accusation soutient qu’un personnage, connu sous le seul pseudonyme de "Mohamed le Libyen", est venu en France en 2003 pour recruter des "djihadistes" pour l’Irak et obtenir des passeports français pour la filière.

Hamid Bach s’est rendu en Syrie avec "Mohamed le Libyen" en juin 2004, dans la ville d’Alep, avant de revenir deux mois plus tard en France, sans être entré en Irak, démontre l’enquête.

L’accusation soutient qu’Hamid Bach a été renvoyé à Montpellier pour préparer des attentats en Europe.

Lors de la perquisition au moment de son arrestation en juin 2005, des produits chimiques et des composants électroniques ont été saisis à son domicile. En garde à vue, Hamid Bach a reconnu avoir étudié la composition d’explosifs mais assuré qu’il n’avait pas la compétence pour aller jusqu’au bout et nié l’existence de tout projet terroriste.

La "filière" avait, selon le parquet, des connections au Maroc où certains membres présumés ont été condamnés par la justice, et en Algérie, où un soutien logistique au GSPC devenu Al Qaïda au Maghreb islamique aurait été apporté.

L’enquête a fait apparaître que Hamid Bach et Ahmed Liassine se sont rendus fin 1999-début 2000 à Londres, où les islamistes avaient pignon sur rue dans le quartier du "Londonistan", autour de la mosquée intégriste de Finsbury Park. Ils ont rencontré l’imam Otman Mamoud, alias Abou Qatada, présenté comme un lieutenant d’Oussama ben Laden en Europe. Il animait alors les "filières afghanes", ancêtres des "filières irakiennes".

Thierry Lévêque, édité par Gilles Trequesser


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