mardi 12 décembre 2017

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La France veut relancer concrètement l’Europe de la défense

Pascal Mallet, AFP

mercredi 1er octobre 2008, sélectionné par Spyworld

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La France a exhorté mercredi ses partenaires de l’Union européenne à donner un nouvel élan à l’Europe de la défense en lançant des projets concrets pour renforcer leurs moyens d’action tout en diversifiant leurs opérations militaires.

Le ministre français de la Défense Hervé Morin, dont le pays préside l’UE jusqu’à la fin 2008, a fixé d’emblée ses ambitions, avant d’ouvrir une réunion de deux jours avec ses 26 homologues européens à Deauville (côte ouest) : il s’agit, a-t-il dit, de donner "un vrai élan" à l’Europe de la Défense "non pas avec des déclarations de principe mais sur des choses très concrètes et très pragmatiques".

M. Morin a énoncé une série de projets comme la "mutualisation" de la future flotte d’avions de transport militaires A400M, un programme d’hélicoptères lourds à l’initiative de Paris et Berlin ou la prochaine génération de satellites d’observation.

La participation des 27 à ces projets se fera sur une base volontaire et selon "les priorités" de chacun, a souligné le ministre, après un an de consultations de la France avec ses partenaires européens.

Selon lui, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la Pologne, notamment, seraient disposées à collaborer à certains d’entre eux.

De source française, on souligne que l’objectif est de "relancer la dynamique de l’Europe de la Défense, dix ans après la déclaration franco-britannique de Saint-Malo qui avait ouvert la voie.

La France vise à faire adopter le 10 novembre lors de la prochaine réunion des ministres de la Défense à Bruxelles un texte qui énoncera la liste des projets "concrets" sur lesquels tels ou tels pays européens se sont mis d’accord.

"Il faut donner à l’Europe une capacité d’action sur la scène internationale", a souligné un responsable français, réaffirmant qu’il ne s’agissait pas de "créer un contre-poids à l’Otan".

La France a lié son retour éventuel dans le commandement militaire intégré de l’Otan lors du sommet de l’alliance à Strasbourg/Kehl en avril 2009, à des progrès substantiels sur l’Europe de la Défense.

Sur un autre dossier, les ministres de la Défense se sont dits favorables mercredi à un retrait des soldats européens de Bosnie moyennant une mission d’accompagnement civile ou militaire, a indiqué un diplomate français.

Les 27 "privilégient une clôture de la mission avec une mission d’accompagnement soit civile soit militaire, sous la forme d’une force de réaction rapide qui serait basée hors du territoire bosniaque", a indiqué ce diplomate.

"Une décision formelle sera prise le 10 novembre" lors de la prochaine réunion des ministres de la Défense, a-t-elle-ajouté

L’opération Eufor Althea en Bosnie, lancée en 2004 avec 7.000 soldats pour prendre le relais de l’Otan, avait déjà vu ses effectifs réduits à 2.500 hommes l’an dernier en raison de l’amélioration de la situation politique dans l’ancienne république yougoslave.

Deux autres opérations de l’UE font l’objet de discussions à Deauville.

La première est Eufor Tchad/RCA, la mission de sécurisation des camps de réfugiés et de déplacés à la frontière avec le Soudan, qui doit s’achever le 15 mars. Selon le ministre français, les 27 devaient examiner les conditions du passage de relais à l’ONU à la mi-mars.

Des pays de l’UE pourraient maintenir leurs troupes sous pavillon des Nations unies, qui réclament quelque 6.000 soldats pour relever les 3.300 de l’UE. La Pologne et l’Irlande ont déjà exprimé leur intérêt.

Les ministres devaient également discuter du lancement éventuel d’une opération navale de l’UE fin 2008 face aux pirates somaliens, a indiqué M. Morin.


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