mercredi 18 octobre 2017

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Le chef de Scotland Yard quitte ses fonctions

Virginie Malingre, le Monde

jeudi 2 octobre 2008, sélectionné par Spyworld

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Le chef de Scotland Yard, Ian Blair, a annoncé sa démission, jeudi 2 octobre. M. Blair, 55 ans, a expliqué qu’il quittait ses fonctions "dans l’intérêt des Londoniens et de la police métropolitaine" parce qu’il n’avait plus le soutien du nouveau maire de Londres, Boris Johnson. " Lors d’une réunion hier, le nouveau maire m’a clairement fait savoir, d’une façon agréable mais déterminée, qu’il souhaitait un changement à la tête de la Met, a-t-il précisé, sans le soutien du maire, j’estime que je ne peux plus poursuivre mon travail ". M. Blair, qui avait été nommé à son poste en février 2005 de la main de Tony Blair, après 31 ans de services dans la police, quittera ses fonctions le 1er décembre, le temps que son successeur soit désigné.

"Je ne démissionne pas à cause de défaillances dans mon service ni parce que les pressions liées à ce poste ou aux autres nombreuses histoires qui l’entourent sont insupportables", a précisé M. Blair, indiquant que la ministre de l’intérieur Jacqui Smith avait accepté " à contrecoeur mais gracieusement " sa démission. Le plus haut gradé de la police britannique était au cœur de plusieurs polémiques et cela faisait plusieurs semaines que la presse britannique spéculait sur son départ. M. Blair faisait d’abord l’objet d’une enquête interne pour avoir favorisé la société de consultants en communication Impact Plus. Possédée par Andy Miller, un proche de Ian Blair, celle-ci a en effet bénéficié de plusieurs contrats pour près de trois millions de livres, sans avoir été mise en concurrence avec d’autres prestataires, selon le Daily Mail.

ACCUSATIONS DE RACISME

Qui plus est, M. Blair devait aussi faire face à une nouvelle enquête, actuellement en cours, sur l’affaire Jean-Charles de Menezes, ce jeune électricien brésilien abattu de sept balles dans le métro londonien juste après les attentats de juillet 2005 par les agents de Scotland Yard qui l’avaient pris, à tort, pour un terroriste kamikaze. Cette bavure n’avait jusqu’ici donné lieu à aucune mise à pieds au sein de la Met et M. Blair avait évité de peu le limogeage sur cette affaire.

M. Blair subissait aussi depuis quelques semaines des accusations de racisme. Le chef-adjoint de la police londonienne Tarique Ghaffur, officier de police musulman le plus gradé du royaume, l’a récemment accusé de discrimination raciale, et a porté l’affaire, fin août, devant un tribunal des prud’hommes. Ce musulman, issu d’une famille pakistanaise, estime avoir été victime, tout au long de sa carrière, de traitements " humiliants et dégradants ", comprenant notamment des moqueries sur sa pratique de la langue anglaise. En charge de la sécurité des jeux olympiques qui doivent avoir lieu à Londres en 2012, M. Ghaffur affirme avoir été exclu par M. Blair de certaines réunions à plus haut niveau sur ce dossier pour des raisons de religion.

Enfin, alors que la sécurité est aujourd’hui l’une des premières préoccupations des anglais avec le pouvoir d’achat, M. Blair n’a manifestement pas réussi à combattre les crimes à l’arme blanche qui se multiplient à Londres. Depuis le début de l’année, 27 jeunes ont été poignardés dans la capitale britannique.


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