jeudi 14 décembre 2017

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Paris veut relancer l’Europe de la défense en multipliant les projets modestes mais concrets

Laurent Zecchini, le Monde

vendredi 3 octobre 2008, sélectionné par Spyworld

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Parler de l’Europe de la défense à partir de projets concrets, et non "brasser de grandes idées". Tel était l’objectif fixé par la France pour la réunion informelle des ministres européens de la défense qui s’est tenue, mercredi 1er et jeudi 2 octobre, à Deauville. Cette démarche pragmatique, qui vise aussi à ne pas heurter de front des Britanniques hostiles à toute avancée institutionnelle, devrait aboutir le 10 novembre, lorsque les ministres européens adopteront une "déclaration sur les capacités", c’est-à-dire une liste de projets et de pays qui acceptent de s’investir dans chacun d’eux.

Paris souhaite que la plupart de ces initiatives - présentées comme la "relance" d’une Europe de la défense dont la dynamique s’est nettement ralentie ces dernières années - soient au moins lancées sous présidence française, de façon à ce qu’un bilan satisfaisant de l’Europe de la défense puisse être présenté lors du Conseil européen des 11 et 12 décembre.

L’étape suivante sera le sommet de l’Alliance atlantique des 3 et 4 avril, à Strasbourg et à Kehl, au cours duquel le président Nicolas Sarkozy espère pouvoir justifier le retour de la France dans la structure militaire intégrée de l’OTAN par des avancées significatives de l’Europe de la défense. "Tout ce que nous avions mis sur la table il y a un an est en route, avec plus ou moins de participants", a assuré le ministre français de la défense, Hervé Morin.

A défaut de pouvoir avancer sur des sujets vraiment ambitieux comme la mise en place d’un quartier général européen chargé de conduire les opérations militaires et civiles de l’Union européenne (Londres s’y oppose), la réunion de Deauville a permis d’obtenir les engagements de principe de plusieurs pays sur des projets qui recoupent souvent les lacunes capacitaires de l’Europe.

Flottes d’hélicoptères. A l’initiative de la France et de la Grande-Bretagne, il s’agit de moderniser les flottes d’hélicoptères existantes, notamment celles des pays est-européens. Deux volets sont prévus : la formation des pilotes (la France forme des Tchèques, l’Allemagne des Suédois, des Espagnols et des Polonais) ; la constitution d’un fonds fiduciaire pour la modernisation des matériels. Londres a annoncé une contribution de 7,3 millions d’euros, Paris de 8 millions, le Danemark de 2 millions. Plusieurs autres pays (Luxembourg, Finlande, Lituanie, etc.) ont annoncé leur participation.

Transport stratégique. Ce projet est basé sur le futur avion de transport militaire A-400 M, dont le vol inaugural a été reporté courant 2009. Il répond au souci de mutualiser les moyens en créant une unité multinationale d’A-400 M et en organisant la cession d’heures de vol aux pays clients. L’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, le Portugal, la Suède, la Hongrie, la Bulgarie et la Roumanie soutiennent ces projets .

Coopération navale. Les quatre pays qui possèdent des porte-avions ou des porte-aéronefs (France, Grande-Bretagne, Italie et Espagne) sont d’accord pour multiplier les missions et les exercices communs afin de favoriser l’interopérabilité entre forces navales européennes. Plusieurs autres pays, dont l’Allemagne, y participeraient avec leurs navires.

Erasmus militaire. Ce même objectif d’interopérabilité dicte le projet d’une formation commune des militaires européens, qui vise à développer une "culture européenne de défense". Il s’agit d’échanger les élèves officiers et les enseignants. Plus d’une douzaine de pays ont annoncé leur soutien, à l’exception notable de la Grande-Bretagne.

D’autres projets concernent la surveillance maritime, l’observation spatiale, le déminage maritime et l’évacuation des ressortissants européens en cas de crise.


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