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Le lancement de Syracuse prévu jeudi est crucial pour l’armée française

AFP

mardi 11 octobre 2005, sélectionné par Spyworld

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Le lancement du satellite français de communications militaires Syracuse-3A, prévu jeudi après avoir été plusieurs fois retardé, est crucial pour l’armée française en raison de ses implications stratégiques.

"Le satellite Syracuse-3A est tellement adapté à nos missions qu’on ne peut plus déployer de forces sans communications par satellites ; c’est devenu un besoin crucial. De plus en plus, les gens ont besoin de capacité importante de communication", explique à l’AFP Philippe Gérard, officier chargé du programme Syracuse à l’état-major des armées.

Grâce à Syracuse 3A, qui était à l’origine programmé début 2004, la capacité sera multipliée par dix, le volume du trafic par dix, le parc de stations usagers par quatre et la couverture vers l’est de 50%. Les nouveaux services portent sur les internets militaires, la téléphonie et les fax sécurisés, la visioconférence, l’interconnexion de réseaux de l’interopérabilité, explique-t-il.

Dans les générations précédentes, les télécoms Syracuse 2 et 1 étaient co-partagés entre la Défense et France Télécom.

"Dans Syracuse 3A, nous sommes les seuls clients, possesseurs de ce satellite. La différence la plus importante pour nous, l’état-major, c’est que nous sommes complètement maîtres de ce que nous faisons de ce satellite. Auparavant, nous devions avoir l’accord de France Telecom".

"Certes, nous ne partageons plus les coûts", reconnaît M. Gérard.

"Nous avons bien tenté de partager ce satellite avec d’autres nations européennes, puisque jusqu’en 1998, la France était sein du programme Trimilsatcom avec le Royaume-Uni et l’Allemagne. Mais les Anglais ont préféré opter pour un système national et l’Allemagne aussi", explique-t-il.

Aussi, La France fait cavalier seul pour un coût global de 2,6 milliards d’euros (satellite et stations sol utilisateurs).

Le programme Syracuse 3, initié en novembre 2000, va apporter une bouffée d’oxygène en terme de capacité à l’armée qui n’a plus que deux satellites de la deuxième génération, et ils sont saturés. Elle est obligée de louer ailleurs de la capacité pour nourrir ses besoins.

Syracuse 3A va permettre de tisser une sorte de toile d’araignée allant de la Bretagne à l’est de l’Océan indien. En 2006, Syracuse 3B permettra d’étendre la zone à l’Atlantique.

En mai dernier, l’offre conjointe des ministères de la Défense de l’Italie, du Royaume-Uni et de la France a été préférée à l’offre américaine concurrente. Cette solution trilatérale s’appuie sur les satellites militaires nationaux Sicral, Skynet et Syracuse.

Ainsi, en devant fournisseur à 45% de l’Otan, le système français Syracuse doit être utilisé par l’Alliance Atlantique par 26 nations. Encore faut-il qu’il soit enfin mis sur orbite.

S’il survenait un nouveau retard du tir d’Ariane V, la France serait en difficulté vis-à-vis de l’Otan mais aussi vis-à-vis de ses propres troupes. Pour leurs communications, les navires, postés dans l’océan indien, ne peuvent compter que sur le satellite britannique Skynet, loué à la société EADS Espace Services.


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