mardi 17 octobre 2017

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Le renseignement extérieur perd sa tête

Isabelle Lasserre, le Figaro

lundi 6 octobre 2008, sélectionné par Spyworld

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Le préfet Erard Corbin de Mangoux pourrait être nommé mardi à la tête de la DGSE, en remplacement de Pierre Brochand.

Les rumeurs couraient depuis plusieurs mois, mais cette fois c’est officiel. Pierre Brochand, le patron de la DGSE, la Direction Générale de la Sécurité Extérieure, quittera son poste dans les « tout prochains jours ». Ce diplomate avait été nommé par Jacques Chirac à la tête du plus important service de renseignements français en juillet 2002, pour remplacer Jean-Claude Cousseran, proche du Parti Socialiste. Il devait de toute façon quitter « la piscine » en juillet 2009, atteint par la limite d’âge. Mais dans l’entourage de Nicolas Sarkozy, et ce malgré l’efficacité avec laquelle la DGSE a dénoué les affaires d’otages français retenus en Irak et en Afghanistan, certains poussaient pour « faire le ménage » plus rapidement.

Erigé en nouvelle fonction stratégique par le Livre Blanc sur la Défense rendu public au printemps, le renseignement est en effet en plein chamboulement. Il subit de plein fouet le vent de réforme qui souffle sans faiblir de l’Elysée depuis mai 2007. Priorité de la présidence, les Renseignements généraux (RG) et la Direction de la Surveillance du Territoire (DST) ont fusionné au début de l’été pour former un tout dans la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Créé par le Livre Blanc, un Conseil National du Renseignement (CNR) a ensuite été mis en place. Dirigé par le diplomate de carrière Bernard Bajolet, qui a pris ses fonctions le mois dernier, il ne dispose que d’un état major réduit de quatre hautes fonctionnaires civils et militaires, mais est hébergé par l’Elysée. Son but : coordonner, orienter et hiérarchiser le renseignement français pour le Président de la République.

Il était donc logique que la DGSE qui, avec ses 4 500 agents, dont 1 300 militaires, est le service de renseignement français le plus important et le plus prestigieux, subisse à son tour un changement de tête. Parmi les successeurs potentiels à ce poste très convoité, on cite le diplomate Bruno Joubert, le patron de la cellule Afrique de l’Elysée, auxquel les quatre années passées à la Direction stratégique de la DGSE confèrent une très forte légitimité. Plusieurs officiers de haut rang sont également sur les rangs. L’armée aimerait bien reprendre la main sur ce service qu’elle n’a pas dirigé depuis 1989. D’autant que le chef d’état major n’a pas toujours l’air convaincu par la réforme du renseignement décidée par l’Elysée. A l’Université d’été de Saint-Malo, le mois dernier, il avait même légèrement tancé Bernard Bajolet, rappelant qu’il « n’avait pas attendu le Livre Blanc pour faire du renseignement ».

Mais ce poste prestigieux, déjà chapoté par un diplomate, Bernard Bajolet, et co-dirigé par un général, Bertrand Ract-Madoux, pourrait tout aussi bien revenir à un fonctionnaire du Ministère de l’Intérieur. Selon le site internet du Point, l’Elysée aurait porté son choix sur un outsider peu connu à la DGSE, le préfet Erard Corbin de Mangoux, l’actuel conseiller de Nicolas Sarkozy pour les affaires intérieures, qui fut aussi directeur général des services des Hauts de Seine, le département du Président. Sa nomination pourrait être annoncée mardi, à l’occasion d’un conseil des ministres avancé.


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