dimanche 22 octobre 2017

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Changement à la tête du renseignement extérieur

Isabelle Lasserre, le Figaro

mardi 7 octobre 2008, sélectionné par Spyworld

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Le préfet Erard Corbin de Mangoux remplace Pierre Brochand à la direction de la DGSE.

Les rumeurs couraient depuis plusieurs mois, mais cette fois c’est officiel. Pierre Brochand, le patron de la DGSE, la Direction générale de la sécurité extérieure, quittera son poste dans les « tout prochains jours ». Ce diplomate avait été nommé par Jacques Chirac à la tête du plus important service de renseignements français en juillet 2002, pour remplacer Jean-Claude Cousseran, proche du Parti socialiste. Il devait de toute façon quitter « la piscine » en juillet 2009, atteint par la limite d’âge. Mais dans l’entourage de Nicolas Sarkozy, et ce malgré l’efficacité avec laquelle la DGSE a dénoué les affaires d’otages français retenus en Irak et en Afghanistan, certains poussaient pour « faire le ménage » plus rapidement.

Érigé en nouvelle fonction stratégique par le livre blanc sur la défense rendu public au printemps, le renseignement est en effet en plein chamboulement. Il subit de plein fouet le vent de réforme qui souffle sans faiblir de l’Élysée depuis mai 2007.

4 500 agents

Priorité de la présidence, les Renseignements généraux (RG) et la Direction de la surveillance du territoire (DST) ont fusionné au début de l’été pour former un tout dans la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Créé par le livre blanc, un Conseil national du renseignement (CNR) a ensuite été mis en place. Dirigé par le diplomate de carrière Bernard Bajolet, qui a pris ses fonctions le mois dernier, il ne dispose que d’un état-major réduit de quatre hauts fonctionnaires civils et militaires, mais est hébergé par l’Élysée. Son but : coordonner, orienter et hiérarchiser le renseignement français pour le président de la République.

Depuis l’annonce de la réforme et la création du Conseil national du renseignement, tous les patrons des services français ont changé. Il était donc logique que la DGSE qui, avec ses 4 500 agents - 3 200 civils et 1 300 militaires - est le service de renseignement français le plus important et le plus prestigieux, soit à son tour dotée d’une nouvelle tête.

Les successeurs potentiels à ce poste très convoité étaient nombreux. Parmi eux, on citait depuis plusieurs semaines le diplomate Bruno Joubert, patron de la cellule Afrique de l’Élysée, auquel les quatre années passées à la Direction stratégique de la DGSE ont conféré une très forte légitimité. Mais aussi plusieurs officiers de haut rang, l’armée n’ayant pas caché sa volonté de reprendre la main sur ce service qu’elle n’a plus dirigé depuis 1989.

Mais ce poste prestigieux, déjà chapoté par un diplomate, Bernard Bajolet, et codirigé par un général, Bertrand Ract-Madoux, est finalement revenu à un outsider peu connu à la DGSE, le préfet Erard Corbin de Mangoux, actuel conseiller de Nicolas Sarkozy pour les affaires intérieures. Âgé de 55 ans, ce proche du chef de l’État a été directeur général des services du département des Hauts-de-Seine, le fief électoral de Nicolas Sarkozy. Ancien secrétaire général des Yvelines, Erard Corbin de Mangoux a passé neuf ans au ministère de l’Intérieur, qu’il a quitté en 2004. Sa nomination devrait être annoncée ce matin, à l’occasion d’un Conseil des ministres avancé.

Âgé de 55 ans, Erard Corbin de Mangoux était jusqu’à présent le conseiller de Nicolas Sarkozy pour les affaires intérieures.


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