lundi 23 octobre 2017

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Les inspecteurs de l’AIEA n’ont plus accès au site de Yongbyon

Mark Heinrich et Jack Kim, Reuters

jeudi 9 octobre 2008, sélectionné par Spyworld

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Les autorités nord-coréennes ont interdit jeudi aux inspecteurs de l’AIEA de pénétrer dans les installations du complexe nucléaire de Yongbyon, apprend-on de source diplomatique à Vienne.

Cette décision survient deux ans jour pour jour après le premier essai nucléaire nord-coréen, qui avait suscité une grande inquiétude dans les chancelleries et provoqué une crise diplomatique débouchant sur l’accord de désarmement de février 2007.

"Les inspecteurs ont été informés qu’à partir de ce jour, ils n’ont plus accès à un quelconque site de Yongbyon", a dit à Reuters un diplomate de haut rang proche de l’Agence internationale de l’énergie atomique.

"Mais jusqu’ici, ces inspecteurs sont toujours dans leurs maisons d’hôte situées dans l’enceinte (de Yongbyon)", a précisé ce diplomate, qui a requis l’anonymat puisqu’il n’est pas habilité à s’exprimer ouvertement sur des sujets sensibles.

"Aujourd’hui, (la Corée du Nord), a informé les inspecteurs de l’agence présents à Yongbyon qu’elle a interrompu sa tache de désarmement convenue lors des discussions à Six. Les inspecteurs ont été informés qu’en conséquence, ils n’auront plus accès aux installations à partir de ce jour", a confirmé l’AIEA dans un communiqué laconique.

A Washington, la Maison blanche a "déploré" la décision de Pyongyang et déclaré que les Etats-Unis attendaient des Nord-Coréens qu’ils respectent leurs obligations au regard des pourparlers à Six qui, précisent les Américains, continueront.

Selon des sources proches des services de renseignement citées par le journal Chosun Ilbo à Séoul, les Nord-Coréens ont par ailleurs déployé dix missiles terre-mer et mer-mer supplémentaires sur leur littoral occidental en vue de tirs imminents.

TIRS DE MISSILE IMMINENTS ?

Cette source a précisé que les autorités nord-coréennes ont interdit toute navigation dans une zone de la mer Jaune jusqu’au 15 octobre en prévision de ces tirs.

Le ministère sud-coréen de la Défense a refusé de commenter cette information et fait savoir qu’il ne détectait aucun signe d’activités inhabituelles dans le nord de la péninsule.

Le département d’Etat américain a pour sa part invité Pyongyang à "(...) s’abstenir de prendre toute mesure susceptible d’accroître la tension dans la péninsule".

Notant que les Nord-Coréens avaient pris le mois dernier une série de mesures "qui ne sont pas positives ou utiles", le porte-parole du département d’Etat, Sean McCormack, a ajouté : "Tout ce qu’ils ont fait est jusqu’ici réversible. Ils peuvent prendre d’autres décisions, nous les y encourageons".

Il y a deux semaines, l’équipe de surveillance de l’AIEA avait été expulsée du site de fabrication de plutonium de Yongbyon, qui est au coeur de ses capacités de fabrication d’une bombe atomique.

Furieux de ne pas avoir été rayé de la liste américaine des "parrains du terrorisme" dans le monde, Pyongyang avait alors juré de réactiver son site de Yongbyon, qui date de l’époque soviétique, dans les jours suivants.

Mais les autorités nord-coréennes avaient permis aux inspecteurs de continuer à vérifier la fermeture d’autres secteurs du site. Les inspecteurs disposent pour cela de caméras de surveillance et de sceaux placés sur les équipements.

Selon des sources gouvernementales japonaises à Tokyo jeudi, les Etats-Unis ont informé le Japon de leur intention de supprimer courant octobre la Corée du Nord de leur liste noire.

Interrogé, le porte-parole du ministère nippon des Affaires étrangères n’a fait aucun commentaire.

Version française Jean-Loup Fievet


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