mardi 12 décembre 2017

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Washington va retirer Pyongyang de sa liste noire du terrorisme

Philippe Pons, le Monde

samedi 11 octobre 2008, sélectionné par Spyworld

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En dépit des incertitudes sur la santé du dirigeant nord-coréen Kim Jong-il, la négociation entre les Etats-Unis et la République populaire démocratique de Corée (RPDC) sur les mécanismes de vérification de la dénucléarisation de celle-ci est entrée dans sa phase finale.

L’administration Bush est décidée, fait-on valoir à Séoul, à supprimer la RPDC de la liste des pays soutenant le terrorisme en contrepartie de l’acceptation par Pyongyang d’un protocole remanié de vérification de l’arrêt de ses activités atomiques. Il reste à l’administration américaine à venir à bout de résistances internes mais aussi du Japon, qui participe aux pourparlers à six (les deux Corées, Chine, Etats-Unis, Japon et Russie), cadre dans lequel se négocie la dénucléarisation de la RPDC.

Tokyo estime ainsi que le compromis sur le protocole de vérification n’apporte pas de garanties suffisantes. Le Japon est en outre opposé à la suppression de la RPDC de la liste des pays soutenant le terrorisme en raison de la question non résolue des enlèvements d’une douzaine de ses ressortissants par des agents nord-coréens dans les 1970-1980.

"Pas plus la Corée du Nord que les Etats-Unis ne souhaitent une aggravation de la tension et un retour a une situation de crise", déclare au Monde M. Hong Yang-ho, vice-ministre de l’unification à Séoul. Les deux parties semblent désireuses de sortir de l’impasse.

Après s’être engagé à supprimer la RPDC de la liste des pays soutenant le terrorisme - en échange de la fourniture par la Corée du Nord, en juin, de la liste de ses installations nucléaires -, Washington a exigé, en août, des mesures qui ne figuraient pas dans l’accord intervenu entre-temps sur les mécanismes de vérification, en exigeant ainsi que les inspecteurs soient libres de visiter les sites de leur choix sans préavis. Estimant qu’il s’agissait de mesures intrusives mettant en cause sa souveraineté, Pyongyang a rejeté les exigences américaines et, par mesure de rétorsion, a annoncé la remise en marche de sa centrale.

Une péripétie sans conséquences. George Bush souhaite mettre au moins au crédit de sa diplomatie la réalisation de la première phase du processus de dénucléarisation de la RPDC prévue par l’accord de février 2007. En dépit de gesticulations visant à faire monter la pression - tirs de routine de deux missiles -, le régime de Pyongyang semble aussi désireux de parvenir à un accord avec une administration affaiblie.

L’état de santé du dirigeant Kim Jong-il, dont officiellement à Séoul on s’efforce de minimiser la gravité, pourrait aussi peser sur la position nord-coréenne. Son absence aux cérémonies du 60e anniversaire de la fondation de la RPDC, le 9 septembre, puis à celles de la création du Parti du Travail, le 10 octobre, confirme qu’il est souffrant.

Un accident vasculaire qui aurait nécessité une intervention chirurgicale est la thèse généralement retenue. Bien que la vie à Pyongyang semble normale, le régime a manifesté une nervosité particulière à propos de l’envoi par des activistes sud-coréens de messages portés en RPDC par des ballons affirmant que M. Kim était malade sinon déjà mort. L’arrêt de l’envoi de ces messages est une demande répétée de Pyongyang formulée avec une plus grande fermeté ces derniers jours aux militaires des deux camps.

M. Kim Jong-il est-il toujours en état de gouverner est une question sans réponse à Séoul. L’âpre négociation entre Américains et Coréens du Nord, assortie d’une montée graduelle de la pression sur Washington semblent en tout cas indiquer qu’il n’y a pas de flottement dans la tactique du régime.

La Corée du Nord officiellement retirée de la liste des pays soutenant le terrorisme

Les Etats-Unis ont officiellement retiré la Corée du Nord de la liste des pays soutenant le terrorisme, samedi 11 octobre, selon le porte-parole du département d’Etat, Sean McCormack. "La secrétaire d’Etat a annulé la mention de la Corée du nord en tant qu’Etat encourageant le terrorisme", a expliqué M. McCormack lors d’une conférence de presse, samedi après-midi. Auparavant, il avait indiqué qu’un accord avait été trouvé sur des procédures de vérification du désarmement nucléaire de Pyongyang, aussi bien pour les activités liées au plutonium qu’à l’uranium. Ce plan de contrôle des installations nucléaires nord-coréennes comprend "tous les éléments que nous voulions", a-t-il souligné. "C’est un point important". Selon lui, le régime de Pyongyang a accepté l’inspection de "toutes les installations nucléaires" et le prélèvement scientifique d’échantillons.


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