lundi 16 octobre 2017

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Thales disposé à augmenter sa participation dans DCNS

Reuters

mardi 14 octobre 2008, sélectionné par Spyworld

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Thales envisage toujours d’accompagner le développement de sa filiale DCNS et n’exclut pas, à ce stade, d’augmenter sa participation à 35% du capital à partir de 2009, a déclaré mardi le patron des activités navales du spécialiste de l’électronique de défense, d’aéronautique et de sécurité.

Jean-Georges Malcor a également fait savoir que Thales était prêt à étudier un rapprochement entre DCNS et TKMS, la filiale de l’allemand ThyssenKrupp, dans le cadre de la consolidation européenne d’un secteur de la défense navale actuellement éclaté entre plusieurs grands acteurs.

"Thales n’a pas changé de projet stratégique en ce qui concerne (les chantiers) DCNS, a souligné le dirigeant devant la presse, nous sommes toujours là pour accompagner DCNS en actionnaire attentif et nous ne voyons pas à ce stade de raison de ne pas lever notre option."

Thales contrôle 25% des chantiers navals DCNS - le solde étant propriété de l’Etat français - et a la possibilité contractuelle de monter à 35% à partir d’avril 2009, ce jusqu’en 2012.

"La seule chose qui pourrait nous faire changer d’avis c’est que nous assistions à une dégradation extraordinaire du plan d’affaires de DCNS. Maintenant nous avons un créneau de trois ans, nous verrons à quel moment nous voulons exercer notre option, je crois qu’il est important que nous puissions avoir cette flexibilité", a-t-il ajouté.

DCNS a dégagé en 2007 un chiffre d’affaires de 2,8 milliards d’euros pour une marge opérationnelle de 7,2%. Il table pour 2008 sur des ventes de 2,6 milliards pour une marge d’exploitation comprise entre 5 et 6%.

L’entreprise espère sécuriser plusieurs grands contrats à l’international d’ici aux deux prochaines années, notamment avec des frégates en Bulgarie et en Grèce, et a des projets dans les services pour le secteur du nucléaire civil aux côtés de grands clients comme Areva et EDF.

Jean-Marie Poimboeuf, président de DCNS, quittera la société à la fin de l’année 2008. Au sein du groupe de dirigeants susceptibles de lui succéder, les noms de Jean-Georges Malcor et de Patrick Boissier, ancien dirigeant des Chantiers de l’Atlantique et directeur général du groupe d’ingénierie électrique Cegelec, sont régulièrement cités.

Mardi, Jean-Georges Malcor a refusé d’évoquer ce sujet, notant que cette décision appartenait à l’Etat. Il a également décliné tout commentaire sur les intentions de Dassault Aviation, lequel a affirmé lundi soir être candidat à une éventuelle cession de la participation de 20,8% que détient l’équipementier franco-américain Alcatel-Lucent dans Thales.

CONSOLIDATION

Interrogé sur un éventuel rapprochement de DCNS et de TKMS, filiale navale du groupe allemand ThyssenKrupp, Jean-Georges Malcor a répondu que Thales était disposé à étudier plusieurs scénarios :

"Nous sommes ouverts. De manière générale, nous sommes en faveur d’un rapprochement avec l’Allemagne mais à la condition que celui-ci se fasse sur la base d’un projet industriel solide. Nous ne serons pas exclusifs, il peut s’agir d’un rapprochement de DCNS et de TKMS mais il y a également d’autres alternatives possibles."

"Il y a une vingtaine de chantiers navals en Europe, il faut que cet environnement se clarifie. Il nous faut un outil européen capable de rivaliser avec les offensives des Etats-Unis, de l’Asie du sud-est et de la Russie, nous devons faire le ménage chez nous et c’est à nous de proposer des projets industriels à nos politiques", a-t-il poursuivi.

Le dirigeant a également souligné que la division navale de Thales entrevoyait des perspectives importantes pour le marché des drones marins : des bâtiments sans pilote sous-marins ou de surface capables d’assurer des missions de surveillance maritime ou d’effectuer des missions de déminage.

"Les technologies des USV (Unmanned Surface Vehicules, ndlr) et des UUV (Unmanned Under water Vehicules, ndlr) se sont considérablement développées. Pour Thales, ce marché pourrait générer un chiffre d’affaires annuel de 300 à 400 millions d’euros d’ici 2013 à 2015", a-t-il expliqué.

Les équipes de Thales estiment que le marché global de ces appareils devrait atteindre 1,5 à deux milliards d’euros sur les cinq à sept prochaines années.

Matthias Blamont, édité par Jean-Michel Bélot


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