samedi 21 octobre 2017

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Manifestations jeudi contre la nouvelle version d’EDVIGE

AP

mercredi 15 octobre 2008, sélectionné par Spyworld

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EDVIGE change de nom, mais suscite toujours des inquiétudes. Le collectif à l’origine de la contestation contre ce fichier policier appelle à des actions jeudi un peu partout en France pour dénoncer le nouveau décret qui ne modifie que "très partiellement" les "aspects les plus controversés d’un texte inacceptable dans son intention comme dans sa forme".

Une quarantaine de défilés, rassemblements devant les préfectures et meetings sont organisés un peu partout à l’appel du collectif regroupant plusieurs centaines d’organisations politiques, associatives et syndicales.

Le collectif annonce ainsi des actions à Marseille, Caen, Dijon, Toulouse, Bordeaux, Montpellier, Tours, Grenoble, Nantes, Nancy, Perpignan, Strasbourg, Lyon, Rouen, Poitiers et Limoges. A Paris, une manifestation à laquelle participeront des parlementaires aura lieu à partir de 11h près de l’Assemblée nationale jusqu’à la place Beauvau, où les protestataires déposeront au ministère de l’Intérieur des fiches les concernant qu’ils auront eux-mêmes remplies.

Une action de fichage collectif symbolique et également prévue dans l’après-midi à proximité de l’Assemblée nationale.

La polémique a commencé le 1er juillet avec la publication d’un décret créant le fichier "Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale" (EDVIGE), dans le cadre du regroupement des Renseignements généraux et de la DST au sein de la nouvelle Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI).

EDVIGE reprenait l’ancien fichier des RG en faisant sauter les verrous qui en encadraient la constitution, précisés dans un décret de 1991. Avec EDVIGE, les services de renseignement étaient donc autorisés à collecter très largement des informations sur les personnalités ou militants d’associations, de syndicats et de partis politiques, ainsi que sur toute personne ou groupe simplement "susceptible de troubler l’ordre publique".

EDVIGE autorisait les informations sur la santé ou l’orientation sexuelle "à titre exceptionnel", et le fichage des mineurs à partir de 13 ans sans limiter la durée pour conserver les informations.

En septembre, la polémique a pris une ampleur nationale, atteignant la majorité et le gouvernement jusqu’à l’intervention de Nicolas Sarkozy demandant à la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie de revoir sa copie.

Le nouveau projet de décret transformant EDVIGE en EDVIRSP ((Exploitation documentaire et valorisation de l’information relative à la sécurité publique) a été transmis le 19 septembre à la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), qui devrait rendre son avis début novembre.

Si la nouvelle version encadre mieux la collecte des données -excluant les informations sur l’orientation sexuelle et la santé et permettant un effacement pour les mineurs à leur majorité- le collectif ne se satisfait pas pour autant du texte.

"Deux finalités très différentes sont toujours amalgamées : enquêtes administratives et suspicion de risques pour la sécurité publique", estime notamment le collectif.

"Les enfants comme les adultes sont toujours fichés sur de simples suspicions, sans avoir commis aucune infraction, et sans même que ces suspicions reposent sur ’le recours ou le soutien actif apporté à la violence’, comme le spécifiait la formulation du décret de 1991", ajoute le collectif dans un communiqué.

Autre "danger", estiment les détracteurs d’EDVIRSP, "des données extrêmement sensibles sont toujours collectées et traitées : origines ’raciales’ ou ethniques, opinions philosophiques, politiques ou religieuses et appartenance syndicale".

Plus largement, le collectif annonce que "au-delà du 16 octobre, la mobilisation se poursuivra pour élargir la réflexion des citoyens à la question du fichage des personnes sous toutes ses formes et de l’atteinte aux libertés individuelles, éternelles sacrifiées sur l’autel de la sécurité".


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