lundi 11 décembre 2017

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Retour sur une première mondiale pour les drones

Jean Guisnel, le Point.fr

jeudi 16 octobre 2008, sélectionné par Spyworld

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Plusieurs lecteurs nous ayant fait observer que la "première mondiale" consistant pour DCNS à faire apponter automatiquement un drone-hélicoptère [Vertical Takeoff and Landing Tactical Unmanned Air Vehicle (VTUAV)] sur le pont d’un navire en mouvement n’en serait peut-être pas une, nous sommes repartis aux nouvelles et avons tiré l’affaire au clair.

Premier point : il y a effectivement déjà eu des expérimentations précédentes consistant à poser des drones de ce type, également automatiques, notamment en janvier 2006 sur le navire d’assaut amphibie USS Nashville . Les essais ont été réalisés avec un drone RQ-8A Fire Scout de Northrop Grumman , développé pour l’US Navy. Les spécialistes noteront qu’une version terrestre existe également, c’est le MQ-8B de l’US Army. On retiendra également que le drone CL-227 Sentinel , conçu initialement par Canadair, et rebaptisé CL-327 Guardian après la reprise de cette entreprise par Bombardier, a lui aussi effectué des tests - notamment lors des études du programme américain MAVUS dans les années 1990 - mais pas en pilotage automatique.

La performance pourrait sembler de l’art pour l’art

Le développement de drones navals s’inscrit en fait dans une longue histoire , dans laquelle les appontages réalisés ce mois-ci par DCNS, la société autrichienne Schiebel , son CAMCOPTER S-100 , et la marine nationale constituent bien une première mondiale. Avant la suivante... Les nouveautés de ces essais ont consisté à faire poser le drone de manière automatique, comme le Fire Scout, mais dans des conditions très différentes. Le navire "récepteur", la frégate D 642 Montcalm , se déplaçait en mer en conditions réelles, tandis que le LPD 13 Nashville est un beaucoup plus gros navire, avec une plate-forme d’appontage de taille considérable qui, de plus, naviguait par mer d’huile à petite vitesse. Le problème à résoudre est celui de la précision. La différence a été faite par le système d’appontage et de décollage automatique (SADA) à liaison infrarouge, développé par DCNS-Ingénierie, beaucoup plus précis que le GPS précédemment employé. Le chef du projet SADA nous a précisé que l’hélicoptère s’est posé sans utiliser le "harpon" lui permettant de s’accrocher à la grille, et que le prototype n’a pas terminé ses essais.

Mais sur le fait qu’il s’agisse d’une première mondiale, il n’a aucun doute... "La performance pourrait sembler de l’art pour l’art", estime-t-il, mais en réalité il s’agit de tout autre chose : "Nous voulons développer l’emploi des drones pour permettre à des petits navires de les embarquer, de les utiliser jour et nuit, et par mer forte. Nous avons fait les tests réels par force 3, et d’autres essais conduits à Brest sur une plate-forme permettent de penser que ça fonctionne par force 5." Dans ces conditions, l’automatisme est une nécessité...


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