samedi 21 octobre 2017

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La DCSSI : « La communauté de la sécurité doit cesser de se morfondre »

Jean Pierre Blettner, Réseaux & Télécoms

jeudi 16 octobre 2008, sélectionné par Spyworld

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Patrick Pailloux, directeur de la DCSSI, fait le point sur les initiatives gouvernementales en matière de cyber sécurité lors de l’ouverture des 8 èmes Assises de la sécurité. Il recommande à la communauté de ne pas se morfondre, d’agir et de mieux communiquer.

En ouverture des 8èmes Assises de la Sécurité, à Monaco, c’est Patrick Pailloux, conseiller du secrétaire général pour la Défense nationale, et directeur de la Direction Centrale de la Sécurité des Systèmes d’Information (DCSSI) qui s’est exprimé.

Il a souligné la nécessité pour les responsables sécurité de savoir parler aux décideurs. « Arrêtons de nous morfondre, et de dire que personne ne nous écoute, qu’il n’y pas d’argent pour la sécurité ! Il faut convaincre les gens, ne pas s’isoler. Mais pour cela, il faut se mettre à la portée des décideurs en utilisant un langage clair. Il faut que les décideurs comprennent ce qui est leur est dit. »

Le directeur indique ainsi que lorsqu’il rencontre un patron d’une entreprise, il lui conseille de s’intéresser à sa sécurité, « Même si vous êtes petits, et que vous croyez que l’on ne vous voit pas, même si vous croyez que vous n’avez pas de concurrence . » Quant aux grands groupes, il leur recommande de faire un focus sur l’analyse des « logs ». « A chaque fois que nous avons fait cela, nous avons découvert quelque chose ». De plus, il recommande de faire attention, lors des voyages internationaux et sur les communications internationales.

De plus, il recommande de faire du concret, « plutôt que des analyses de sécurité hyper sophistiquées, trop complexes, quand on n’a même pas de politique de changement des mots de passe. Il faut moins d’études théoriques, et plus d’achats de produits. Dans ce cas, il faut alors trouver un juste milieu entre ne rien faire et des solutions de très haut de gamme »

La DCSSI a d’ailleurs lancé une initiative, en phase expérimentale d’une labellisation CSPN (Certification de premier niveau) plus légère et donc plus accessible que les actuelles. « Cela représente 20 jours d’analyse, sur un produit afin de savoir si le produit de sécurité proposé à la labellisation fait bien ce qu’il est censé faire, si la documentation est à la hauteur, que l’industriel est pérenne, etc ... »

Patrick Pailloux est revenu sur le livre blanc de la Défense Nationale. « A notre grande surprise, ou plutôt la nouveauté, c’est que le livre blanc annonce que le risque d’une attaque informatique majeure est fortement probable. Ce constat est mis sur la place publique et assumé par les politiques Il faut dire qu’une cyber attaque, c’est facile et qu’il n’y a pas de raison que cela ne soit pas utilisé, pour preuve ce qui s’est passé en Estonie ou plus récemment en Géorgie. Des pays comme les Etats Unis ou la Chine ont d’ailleurs clairement affiché la guerre informatique comme faisant partie de leur panoplie. ».

Parmi les initiatives, la DCSSI va développer un centre de cyber défense, à l’échelle de l’état, afin de traquer ce qui se passe sur certains réseaux. « Ce qui semble parfaitement réalisable, même s’il n’y a pas de moyens de stopper une attaque par DoS (Denial Of Service) comme celle qui s’est déroulée en Estonie. Mais, il y a des choses que l’on peut faire, l’ENISA par exemple pourrait devenir un CERT pour l’Europe. Il faut développer la résilience de nos réseaux, même si je n’aime pas beaucoup ce mot de résilience. Il faut voir, par exemple, que de grands domaines comme les transports et l’énergie, restaient sous le contrôle de systèmes de contrôle/commande rustiques, et isolés du reste, or ils évoluent vers les standards IP et internet. Notre dépendance va augmenter. Il faut commencer à s’inquiéter ».

Patrick Pailloux reste également inquiet sur internet comme réseau à tout faire, auto configurant, le RFID ou l’internet des objets. « On ne va pas sécuriser internet, les experts savent que ce n’est pas possible. Internet est non contrôlé et non contrôlable ».


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