samedi 16 décembre 2017

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MAM refuse la "protection juridique" à Yves Bertrand

Nouvelobs.com

mercredi 22 octobre 2008, sélectionné par Spyworld

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L’ex-patron des RG avait demandé mardi de bénéficier de cette mesure après la divulgation dans la presse de ses "carnets secrets". La ministre de l’Intérieur affirme en outre qu’Yves Bertrand pourrait avoir "outrepassé sa mission".

La ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie a décidé, mercredi 22 octobre, de ne pas accorder le bénéfice de la "protection juridique" à l’ancien patron des Renseignements Généraux (RG), Yves Bertrand, qu’il demandait après la divulgation dans la presse de ses "carnets secrets", a déclaré à l’AFP le ministère de l’Intérieur.

Mission outrepassée

Michèle Alliot-Marie a affirmé que les faits reprochés à l’ancien patron des RG Yves Bertrand "outrepassent sa mission" s’ils ont été commis alors qu’il était en fonction. "Si les faits qui sont reprochés (à Yves Bertrand) ont été commis alors qu’il était en fonction et en utilisant ses fonctions, ce sont des faits qui visiblement outrepassent sa mission et les règles de fonctionnement" du ministère de l’Intérieur, a affirmé la ministre de l’Intérieur, interrogée par la presse à la sortie du Conseil des ministres.

Yves Bertrand avait affirmé mardi à l’AFP avoir demandé la protection juridique du ministère de l’Intérieur en souhaitant que lui soit appliquée une mesure prévue par les textes au bénéfice de tout fonctionnaire mis en cause pour des faits présumés commis dans l’exercice de ses fonctions. Mardi, Yves Bertrand avait fait part du souhait que lui soit appliquée une mesure prévue par les textes au bénéfice de tout fonctionnaire mis en cause pour des faits présumés commis dans l’exercice de ses fonctions.

"Brouillons" et "ragots"

Des extraits des "carnets secrets" d’Yves Bertrand, directeur central des Renseignements généraux (DCRG) de 1992 à 2004 sous huit ministres de l’Intérieur, ont été divulgués dans la presse, d’abord par le Point, depuis le 9 octobre.

Y sont consignés un méli-mélo d’indiscrétions, soupçons, rumeurs accusatoires, prétendues "affaires" de sexe et d’argent qui ont suscité de nombreuses réactions et de plaintes dont celle du chef de l’Etat Nicolas Sarkozy. Yves. Bertrand affirme qu’il s’agit de "brouillons" et de "ragots" et demande la restitution de ses écrits.

Une telle démarche avait notamment été faite par l’ex-préfet de Corse, Bernard Bonnet, lorsqu’il avait été poursuivi dans l’affaire de l’incendie de paillottes, et la protection juridique de l’Intérieur lui avait été accordée

"Une Stasi à la française"

Le député PS Arnaud Montebourg demande la constitution d’une "commission d’enquête parlementaire" sur les "carnets secrets", en évoquant "une très grave affaire de forfaiture".

Dans une interview au Point à paraître jeudi, Arnaud Montebourg estime que "l’ampleur et la nature des informations recueillies (par Yves Bertrand dans ses carnets) font penser irrésistiblement à une petite Stasi à la française". "Nous sommes, poursuit-il, face à une très grave affaire de forfaiture et de trahison. Un haut fonctionnaire, directeur de la police, a enquêté sur un Premier ministre, en l’occurrence Lionel Jospin". "Ce n’est pas une petite affaire de surveillance aux portes des chambres à coucher, mais une organisation méthodique d’espionnage, d’intimidation et de déstabilisation d’opposants politiques au coeur du ministère de l’Intérieur, et donc de l’Etat", ajoute le député socialiste.

Une commission d’enquête parlementaire

Arnaud Montebourg considère que Yves Bertrand "s’est intéressé" à sa personne "en raison sans doute du travail que j’avais accompli pour faire traduire Jacques Chirac devant la Haute Cour". S’agissant, à ses yeux, "d’une affaire d’Etat", il faut, dit-il "qu’une commission d’enquête parlementaire fasse la lumière là-dessus".


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