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Avions de combat : le Rafale tente de séduire l’armée de l’Air suisse

Les Echos

vendredi 31 octobre 2008, sélectionné par Spyworld

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Dassault Aviation espère un premier succès à l’exportation pour son Rafale qui est présenté aux militaires suisses. Le contrat porte sur une vingtaine d’avions pour remplacer les vieux F-5. Plusieurs marchés potentiels pour le Rafale sont en cours, notamment aux Emirats arabes unis, au Brésil, en Grèce, en Libye et en Inde.

Déchirant les nuages bas et la fine pluie qui noie la paisible commune d’Emmen, dans le centre de la Suisse, deux Rafales décollent de la base aérienne de l’armée helvétique dans l’espoir d’arracher un premier contrat à l’exportation pour l’avion de combat français. Postcombustion allumée, les deux avions disparaissent avec vacarme dans les nuages, suivis quelques minutes plus tard par deux F/A-18 et un F-5 de l’armée de l’air suisse, pour près de deux heures de simulation de combat aérien. "Nous allons évaluer l’efficacité opérationnelle en vol et mener des essais au sol pour les processus de maintenance", indique Jürg Weber d’Armasuisse, la centrale d’achat de l’armée helvétique.

"Le Rafale sera évalué pour quatre semaines en Suisse avec des simulations de police aérienne et de combat aérien", précise Daniel Tamburini, responsable des essais, lors d’une conférence de presse. La Suisse veut partiellement renouveler sa flotte vieillissante de F-5 Tigre du constructeur américain Northrop, dont certains appareils ont plus de 30 ans.

L’armée helvétique a prévu un budget de 2,2 milliards à 2,5 milliards de francs suisses (entre 1,4 milliard et 1,6 milliard d’euros), selon Armasuisse. Ce budget permettrait à la Suisse d’acheter environ une vingtaine d’appareils.

L’avion français se retrouve face à deux sérieux concurrents, le Gripen du groupe suédois Saab et l’Eurofighter du constructeur européen EADS, dont les prix unitaires respectifs sont de 50 millions d’euros (hors coût de maintenance) et plus de 60 millions, selon le quotidien suisse Le Temps. Le prix du Rafale, construit conjointement par Dassault, l’électronicien Thales et le motoriste Snecma (groupe Safran) et capable de voler à Mach 1,8, est évalué entre 50 et 60 millions environ, d’après le journal. Les autorités suisses doivent prendre une décision en juillet 2009.

Le projet de vente du Rafale à l’armée suisse "est soutenu par les plus hautes instances gouvernementales en France", précise le délégué général de Rafale international en Suisse, Pius Drescher, ajoutant que "la Suisse profitera de l’ensemble des nouveautés et innovations".

"Il s’agit d’une offre sans restriction, le Rafale suisse sera un Rafale français à 98%", affirme Alain Le Dortz, notamment en charge de la Suisse à la Direction générale de l’Armement (DGA). L’offre française ne prévoit "aucune restriction pour l’armement et les transferts de technologie, la Suisse aura accès à des outils très sensibles en matière de guerre électronique", souligne-t-il.

Le Rafale a connu des échecs à répétition à l’exportation, notamment dans des pays traditionnellement clients des Etats-Unis, comme la Corée du Sud, les Pays-Bas, Singapour, ou encore en Arabie saoudite, qui lui a préféré l’Eurofighter, commandé à son fournisseur britannique traditionnel. Le Maroc, pourtant très lié à la France, lui a également préféré en 2007 le F-16 américain.

Plusieurs marchés potentiels sont en cours, notamment aux Emirats arabes unis, au Brésil, en Grèce, en Libye et en Inde. Mais le principal obstacle au Rafale risquent d’être les citoyens helvétiques, qui devront décider par voie de référendum du renouvellement ou non d’une partie de la flotte aérienne militaire suisse. (Source AFP).


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