dimanche 10 décembre 2017

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La fiabilité de la sûreté en aéroport en question

Le Figaro

vendredi 31 octobre 2008, sélectionné par Spyworld

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Les mesures de contrôle et de fouille des passagers ne correspondent pas aux risques terroristes, selon Jacques Duschesneau, ancien responsable de la sûreté au Canada.

Repenser la sûreté des aéroports semble être urgent pour Jacques Duschesneau qui dirigea de 2001 à 2006 l’Administration Canadienne de la Sûreté du Transport Aérien (ACSTA). L’ancien responsable des aéroports canadiens dénonce la stratégie actuelle des mesures de sûreté. « On joue au jeu du chat et de la souris avec les terroristes. Les mesures d’aujourd’hui visent à interdire les attentats d’hier, pas ceux de demain. Il faut être « proactif » et non pas réactif vis-à-vis de cette menace », explique-t-il à l’occasion du World Air Transport Forum qui se tient cette semaine à Paris. Anticiper devrait être la règle en s’efforçant de comprendre la nature de la menace. En résumé, le Canadien considère que les dispositifs mis en place comme les scanners et les fouilles aux aéroports sont dépassés. Ces procédures s’efforcent avant tout de respecter des règlementations que connaissent parfaitement bien les terroristes et qu’ils pourront détourner. « Le fait de créer des files d’attente, un sentiment de peur et de réduire la fluidité de la circulation des biens et des personnes est déjà une victoire du terrorisme », a souligné l’ancien patron de l’ACSTA.

Ces propos rejoignent ceux tenus par Patrick Gandil, directeur général de l’aviation civile lors du récent congrès mondial des aéroports à La Rochelle. Des hauts fonctionnaires commencent à dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. « Le renseignement reste le seul moyen efficace pour lutter contre le terrorisme », a expliqué Patrick Gandil dans la revue Aéroports & Compagnies. « Il ne sert à rien de superposer les couches de contrôle de sûreté il y a en France plus de 12 000 agents affectés à la sûreté aéroportuaire alors que la sûreté doit être globalisée ». Et le patron de la DGAC de s’interroger : « Est-il raisonnable de provoquer des files d’attentes interminables devant les postes d’inspection-filtrage, alors que ces mêmes files, ces concentrations de personnes peuvent devenir des cibles privilégiées pour les terroristes ? ».


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