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L’un des prochains défis d’Obama sera sa propre sécurité

AFP

jeudi 6 novembre 2008, sélectionné par Spyworld

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Si Barack Obama est entré dans l’histoire comme le premier président noir de Etats-Unis, sa couleur de peau fait aussi de lui une cible et représente un défi pour les responsables de sa sécurité.

Barack Obama a été placé sous la protection du Secret service, chargé de la sécurité des présidents et candidats à la présidence, dès mai 2007, soit 18 mois avant d’être élu mardi 44e président des Etats-Unis.

Même si c’est un sujet peu abordé directement, en tant que président noir, sa vie est particulièrement menacée. Mercredi, deux jeunes néonazis ont été inculpés dans le Tennessee (sud) pour avoir proféré des menaces de mort contre lui avant qu’il ne soit élu. Selon une copie du procès-verbal, ils envisageaient de tuer 102 Noirs, avec pour but ultime de tenter d’"assassiner le candidat à la présidence Barack Obama".

Sa famille et lui-même, ainsi que le vice-président élu Joe Biden et sa famille, sont protégés 24 heures sur 24 par des équipes d’élite formées d’agents armés de l’US Secret service (USSS), une branche du département de la Sécurité intérieure.

Preuve de l’importance accordée aux menaces contre M. Obama, le podium depuis lequel il a prononcé son discours mardi à Chicago après son élection était entouré de murs de plexiglas transparent à l’épreuve des balles.

"Les changements d’administration présidentielle nécessitent un haut degré de planification opérationnelle et de mise en oeuvre de notre mission de protection", dit à l’AFP Ed Donovan, porte-parole du Secret service, refusant de donner plus de détails sur le nouveau dispositif et de dire si le niveau de protection serait renforcé pour Barack Obama.

"Nous faisons évidemment des ajustements. Mais à ce stade (...) nous sommes préparés à toutes les éventualités".

Inquiétants groupuscules

La couleur de peau du nouveau président n’est qu’un sujet de préoccupation supplémentaire dans un pays qui compte 200 millions d’armes à feu responsables de 30 000 morts par an, où quatre présidents ont été assassinés dans l’exercice de leurs fonctions et où plusieurs autres ont fait l’objet de tentatives d’assassinat.

Néanmoins, "les circonstances seront uniques et constitueront un défi" pour les responsables de la sécurité de M. Obama, estime Fred Burton, de la société d’analyses Stratfor, spécialisée dans la lutte antiterroriste et le renseignement géopolitique, qui juge la tâche "extrêmement difficile".

"Cela va mobiliser beaucoup de ressources et nécessiter une somme énorme d’analyses en termes de tactique et de protection, pour garder une longueur d’avance" sur ceux qui chercheraient à nuire au nouveau président, explique cet expert.

Dans cette catégorie, on trouve les groupuscules partisans de la suprématie de la race blanche, qui pourraient profiter de la période de transition avant que Barack Obama ne prenne ses fonctions le 20 janvier et ne bénéficie d’un plus haut degré de protection.

Fred Burton pense que des agents du renseignement sont infiltrés dans ces groupes dont les sympathisants ont été impliqués dans les assassinats des leaders des droits civiques Martin Luther King ou Malcolm X, ou encore le militant noir Medgar Evers, assassiné en 1963 par un membre du Ku Klux Klan.

Le site internet de cette organisation raciste met en garde cette semaine contre une administration Obama. Si ce dernier est élu, "il pourrait y avoir beaucoup de Blancs dans ce pays qui vont se réveiller", y écrit un certain Thomas Robb.

Bennie Thompson, un membre du Congrès noir du Mississippi, avait écrit au Secret service en janvier dernier pour faire part de ses inquiétudes au sujet de la sécurité de Barack Obama.

"En tant qu’Afro-américain qui a été témoin de certains des jours les plus honteux de ce pays pendant la lutte du mouvement pour les droits civiques, je sais que la haine de certains de nos concitoyens peut mener à d’horribles actes de violence", écrivait-il.


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