mardi 17 octobre 2017

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UE : le président du Parlement propose de financer le renseignement militaire

AFP

lundi 10 novembre 2008, sélectionné par Spyworld

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Le président du Parlement européen a proposé lundi de financer sur le budget communautaire l’acquisition de renseignements militaires par satellite pour les opérations de maintien de la paix de l’UE.

Présentant une initiative pour le développement de la politique de sécurité et de défense de l’UE à Berlin, Hans-Gert Pöttering a estimé qu’il ne fallait "pas exclure le financement par le budget européen" du développement de capacités de renseignement par satellites d’observation.

"Nous devons nous demander si les fonds communautaires ne devraient pas être disponibles pour couvrir les besoins en capacité de renseignement, de communication et de navigation pour soutenir des opérations civiles et militaires, ainsi que pour la sécurité des frontières, la gestion de la circulation et la protection de l’environnement", a déclaré le président du Parlement lors d’un congrès sur la sécurité et la défense européenne.

M. Pöttering a relevé que l’UE avait déjà fait un premier pas en décidant de financer sur son budget le système Galileo de radionavigation par satellite qui doit rivaliser avec le GPS américain d’ici 2013.

L’Union européenne mène actuellement douze missions de maintien de la paix, de police ou d’observation, notamment en Géorgie, dans les Balkans, dans les territoires palestiniens, en Afghanistan et en Afrique. Elle prévoit de lancer une opération contre la piraterie au large des côtes somaliennes et a déjà accompli neuf autres missions entre 2003 et 2007.

La proposition du président du Parlement européen est l’une des composantes d’une initiative pour le développement de la politique de sécurité et de défense commune de l’UE qu’il a présentée devant une assemblée de militaires et d’industriels européens.

Baptisée SAFE, "Synchronised Armed Forces Europe", ou synchronisation des forces armées européennes, cette initiative veut faire la transition entre la situation actuelle, où les forces armées nationales ne sont que partiellement capables d’opérer ensemble, "et l’objectif lointain d’une armée européenne", a-t-il expliqué.

A cette fin, M. Pöttering propose que les militaires engagés dans des opérations européennes bénéficient d’un même "statut", qui comprendrait notamment les mêmes règles d’engagement, les mêmes niveaux d’entraînement, des équipements de qualité comparable, les mêmes couvertures médicales et les mêmes assurance en cas de mort ou de blessure.

"Nos soldats considèrent l’inégalité de traitement avec leurs collègues en opération comme un obstacle à leur réussite", a-t-il expliqué.

Le parlementaire européen a également souhaite que les forces armées nationales s’ouvrent aux militaires des autres pays membres, comme l’a déjà fait l’armée belge. "A l’avenir, il devrait être possible pour un Estonien de servir dans les chasseurs alpins français ou à un Slovène de voler dans l’armée de l’air espagnole", a-t-il estimé.

SAFE, a explique M. Pöttering, se développerait sur le modèle des coopérations renforcées, qui a permis l’adoption de l’euro et la création de l’espace Schengen de libre circulation des personnes par une partie des Etats membres, "afin de permettre aux Etats membres neutres ou sceptiques de ne se joindre qu’à certaines parties" du projet.

"Personne ne doit être forcé de s’y joindre", a-t-il insisté, à l’adresse des électeurs irlandais qui ont rejeté le traité de Lisbonne sur la réforme des institutions européennes, notamment parce qu’il craignent que l’Irlande doive renoncer à sa neutralité.


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