vendredi 15 décembre 2017

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Beyrouth et Damas veulent lutter ensemble contre le terrorisme

AFP

mardi 11 novembre 2008, sélectionné par Spyworld

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A l’issue d’une visite du ministre libanais de l’Intérieur à Damas, le Liban et la Syrie ont convenu de coordonner leurs forces pour lutter contre le terrorisme et "d’établir un mécanisme commun pour le contrôle de la frontière".

Le ministre syrien de l’Intérieur Bassam Abdel Majid et son homologue libanais Ziad Baroud en visite à Damas ont décidé lundi de coordonner les mesures de contrôle de la frontière syro-libanaise et de lutte contre le terrorisme, selon un communiqué commun.

Les ministres sont convenus de former une commission "chargée de mettre en place les bases d’une coordination en matière de lutte contre le terrorisme et toutes sortes de crimes divers et d’établir un mécanisme commun pour le contrôle de la frontière", selon un communiqué lu à la presse.

La visite officielle de M. Baroud, qui entre dans le cadre de la normalisation des relations entre les deux voisins, est la première du genre depuis l’assassinat de l’ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri en 2005 à Beyrouth.

La majorité parlementaire antisyrienne au Liban impute au régime de Damas la responsabilité de cet attentat.

Elle survient près de trois mois après celle du président libanais Michel Sleimane, et moins d’un mois après l’établissement de relations diplomatiques entre les deux pays pour la première fois depuis la proclamation de leur indépendance il y a plus de 60 ans.

Le ministre libanais répondait à une invitation de son homologue syrien. Il était accompagné du directeur général de la Sûreté générale, Wafic Jizzini, et du directeur général des Forces de sécurité intérieure, Achraf Rifi.

En septembre et octobre, l’armée libanaise a fait état de déploiement de troupes syriennes aux frontières nord et est du Liban, officiellement pour "lutter contre la contrebande et empêcher la fuite de personnes recherchées".

MM. Abdel Majid et Baroud ont évoqué également "les aveux" de responsables de l’attentat meurtrier commis le 27 septembre à Damas, diffusés jeudi par la télévision d’Etat syrienne, et présentés comme des membres du mouvement islamiste Fatah al-Islam qui avait affronté en 2007 l’armée libanaise dans le nord du Liban.

Ceux-ci ont affirmé que le Courant du Futur de Saad Hariri, un des piliers de la majorité parlementaire antisyrienne au Liban, avait "des liens avec les mouvements salafistes", et que ces derniers recevaient de l’argent de cette formation ainsi que de ressortissants saoudiens.

Les deux ministres sont convenus "d’échanger les informations" sur cette affaire, selon le communiqué.

Le Fatah al-Islam a démenti lundi toute responsabilité dans cet attentat, qui avait fait 17 morts et 67 blessés, dans un communiqué dont l’authenticité n’a pas pu être vérifiée.

Enfin les entretiens syro-libanais ont porté sur "le dossier des disparus" libanais dans les prisons syriennes, selon M. Baroud.

Selon des ONG libanaises, 650 personnes sont détenues ou ont disparu en Syrie après avoir été arrêtées durant la guerre civile au Liban (1975-1990).

Damas a toujours nié leur existence mais a libéré dernièrement une personne figurant sur ces listes de disparus.

Beyrouth et Damas ont décidé en août de relancer un comité conjoint destiné à clarifier le sort des disparus dans les deux pays, Damas arguant que des disparus syriens se trouvent également au Liban.


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