vendredi 15 décembre 2017

Accueil du site > Défense > International > Le DDPS, un département explosif à reprendre

Le DDPS, un département explosif à reprendre

Lematin.ch

mercredi 12 novembre 2008, sélectionné par Spyworld

logo

Le successeur de Samuel Schmid devrait hériter du Département fédéral de la défense (DDPS). Il y a peu de chances qu´un conseiller fédéral en fonction abandonne ses affaires pour un dicastère aussi explosif. Et l´UDC, qui entend faire son retour au Conseil fédéral, a promis de faire le ménage à la défense.

En partant le 31 décembre, Samuel Schmid décharge le futur chef du Département fédéral de la défense (DDPS) de deux fardeaux. Le Bernois devrait nommer en principe d´ici la fin de l´année un nouveau chef de l´armée, capable de rétablir la confiance - à l´interne comme face au public - après la déconfiture liée à l´affaire Roland Nef.

Le programme d´armement 2008 devrait quant à lui passer la rampe du Conseil national lors de la session d´hiver, pour autant que l´UDC ne change pas une nouvelle fois son fusil d´épaule.

Votations en vue

Plusieurs votations importantes attendent le nouveau ministre de la défense. L´armée veut bientôt acheter de nouveaux avions de combat pour remplacer ses vieux Tiger. Une idée qui n´est pas du goût du Groupe pour une Suisse sans armée qui a lancé une initiative populaire pour empêcher cette acquisition.

Parallèlement, il faudra trouver des solutions pour calmer la grogne des riverains des aéroports militaires face au bruit des avions à réaction. Un autre scrutin attend le successeur de Samuel Schmid, celui sur l´initiative de la gauche contre l´arme militaire à domicile. Pour l´emporter, il sera nécessaire de rétablir la confiance dans l´armée.

Armée critiquée

La tâche n´est pas simple tant l´institution militaire a été sous le feu des critiques depuis des mois. Aux meurtres commis avec une arme de service sont venus s´ajouter les coup de feu intempestifs lors de gardes effectuées avec un fusil chargé ainsi que et les tragédies de la Jungfrau et de la Kander. Les médias ne manquent en outre pas de rapporter chaque incident survenu sous les drapeaux.

Les interrogations sur les missions de l´armée se multiplient alors qu´Armée XXI reste en chantier. Cette réforme lancée au tournant du siècle visait à founir davantage de souplesse à l´armée pour qu´elle puisse s´adapter plus rapidement aux menaces. Les effectifs ont été fortement réduits et rajeunis, la formation professionnalisée.

Adaptations

Après des débuts difficile, Samuel Schmid a souhaité corriger le tir : les formations mécanisées et lourdes doivent céder le pas à l´infanterie ; la priorité doit aller aux engagements de sécurité sectorielle et au soutien aux autorités civiles ; les missions de soutien de la paix à l´étranger doivent être renforcées.

Mais l´affaire n´est pas allée sans susciter des débats houleux au Parlement. Pour faire passer la pilule, le ministre a dû apporter des garanties. Le recours à l´armée pour des tâches policières de sécurité intérieure sera limité. Les cadres de milice interviendront davantage dans la formation des soldats. Les militaires professionnels verront leur situation salariale et sociale s´améliorer.

Pour assurer la mise en oeuvre de cette étape de développement 2008-2011, le futur ministre de la défense devra d´abord rester près de ses comptes. Le budget annuel de l´armée est passé de 4,2 à 3,7 milliards de francs. Et un difficile équilibre doit être trouvé entre dépenses d´investissement et d´entretien.

Partis divisés

Mais le plus dur sera sûrement d´affronter un monde politique divisé. Seuls les radicaux et les démocrates-chrétiens se rangent bon gré mal gré derrière le Conseil fédéral. A droite, l´UDC tient à une armée basée sur la défense traditionelle du territoire. Elle voue aux gémonies les engagements à l´étranger.

Une position partagée par les pacifistes des Verts. Se distinguant souvent par une position antimilitariste de principe, les écologistes sont très critiques face à un recours aux moyens militaires dans la lutte contre le terrorisme.

Les socialistes se retrouvent quant à eux souvent pris entre deux feux. Pas opposés sur le fond à l´armée et favorables aux missions de paix, ils aimeraient rogner sur son budget et ses effectifs. Mais, faute d´alliances avec le PRD et le PDC, ils ont à plusieurs reprises votés avec les Neinsager de l´UDC et des Verts.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :