dimanche 17 décembre 2017

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Le Moyen-Orient, zone instable à long-terme, pour le renseignement américain

AFP

mercredi 19 novembre 2008, sélectionné par Spyworld

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L’attrait du terrorisme à la manière d’Al-Qaïda faiblit au Moyen-Orient, mais la région fait face à de multiples problèmes qui risquent d’en faire une zone d’instabilité pendant les années à venir, a affirmé mardi le directeur adjoint du Renseignement américain.

"Le Moyen-Orient, en réalité (la région allant) du Maghreb à l’Asie centrale, est une zone où presque tous les problèmes qui poseront un défi aux dirigeants politiques à travers la planète, peuvent être trouvés, et souvent avec une plus grande gravité ou intensité", a affirmé Thomas Fingar.

Que les pires scénarios se matérialisent dans la région dépendra du type de dirigeants qui émergeront sur la scène politique et de la façon dont ils répondront aux demandes d’une population jeune, en expansion et potentiellement hostile, a dit M. Fingar, qui a dirigé une table-ronde d’experts du renseignement américain qui tentaient d’anticiper sur l’état du monde en 2025.

Ces discussions ont débouché sur la rédaction d’un rapport qui sera rendu public prochainement dans le but d’influencer une future administration Obama, a-t-il dit.

Selon ces experts, un transfert majeur des richesses de l’ouest à l’est sera en cours d’ici 2025, un grand nombre de puissances se disputeront influence et avantages, et la planète aura 1,4 milliards d’habitants supplémentaires.

Mais le Moyen-Orient sera toujours "au centre d’une arche d’instabilité", a dit M. Fingar lors d’un discours au Washington Institute for Near East Studies.

Même si l’attrait pour une idéologie du type de celle du réseau Al-Qaïda faiblit, le terrorisme restera au moins un problème potentiel "comme instrument des faibles contre les forts". Et il sera plus dangereux en raison d’un accès facilité à des substances nocives et d’une hausse du caractère létale des armes conventionnelles.

"On peut imaginer que dans l’ensemble, la menace diminue, mais que les occurrences soient beaucoup plus dévastatrices", a dit M. Fingar.

La pénurie de ressources comme l’eau, couplée à une absence de mécanismes pour résoudre les conflits "créé le potentiel pour un recours aux armes", a par ailleurs indiqué le responsable du renseignement.

Les changements démographiques, notamment un boom de la jeunesse, représenteront aussi un défi pour les gouvernements et institutions de la région, a-t-il ajouté.

"Un facteur qui risque de rendre les choses plus complexes est qu’une grande partie de la population soit en plein bouleversement hormonal, et d’un âge où les défis à l’autorité sont la norme", a expliqué Thomas Fingar.

A l’ère de la communication, la population sera aussi plus informée, même au sein des régimes autocratiques, et elle sera plus exigeante pour demander des services et aux autorités de rendre des comptes, a-t-il expliqué.


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