mardi 12 décembre 2017

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Cybercriminalité. « Des entreprises mal protégées »

Propos recueillis par Julien Vaillant, Letelegramme.com

mercredi 19 novembre 2008, sélectionné par Spyworld

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Afin d’alerter contre le piratage des systèmes informatiques, le lieutenant-colonel Jean-Michel Ogès est intervenu, hier, devant une cinquantaine de chefs d’entreprise costarmoricains. Le gendarme dresse un constat inquiétant.

Les chefs d’entreprise ont-ils conscience des risques de piratage qui pèsent sur eux ?

À l’heure où les entreprises utilisent de plus en plus internet, leurs dirigeants sont conscients que l’informatique est vitale et qu’ils doivent se protéger. Mais leur comportement n’est pas cohérent par rapport à une politique de sécurité. Aujourd’hui, 54,6 % des entreprises bretonnes ne protègent pas leurs informations. Et, dans le même temps, 53,4 % de ces entreprises sont en relation avec l’étranger. Seulement, si avec internet, vous êtes connecté au monde, le monde a également accès à vous.

Les entreprises costarmoricaines sont-elles victimes de l’espionnage industriel ?

Nous avons récemment eu le cas d’une entreprise briochine qui travaille dans un secteur pointu et dont le responsable s’est fait pirater des données sur son ordinateur. En enquêtant, nous sommes remontés jusqu’à une université chinoise. Je le répète : tout le monde travaille avec un ordinateur et il est très facile de voler des informations via l’informatique. En février dernier, la police canadienne a interpellé des pirates qui avaient infecté 39.000 ordinateurs en Pologne et 26.000 au Mexique.

Quels conseils donnez-vous pour ne pas être victime de ces « vols » ?

Tout ce que je peux dire est déjà connu, mais l’important est de l’appliquer. Il y a des précautions élémentaires à prendre. Lorsque vous introduisez une clé USB dans un des ordinateurs de l’entreprise, il faut systématiquement la scanner pour vérifier qu’elle ne contient pas un virus. De la même façon, il ne faut pas autoriser ses salariés à télécharger, sur leurs lieux de travail, des vidéos que l’on s’envoie entre amis : 80 % d’entre elles sont infectées. Il est indispensable d’avoir un antivirus et un pare-feu. Les locaux de l’entreprise doivent être placés sous vidéo-surveillance et reliés à des systèmes d’alarme. Il faut aussi faire en sorte que certaines zones ne soient pas accessibles à tout le monde. À titre d’exemple, le secteur recherche et développement d’une entreprise doit être accessible à un minimum de monde.

L’espionnage industriel ne vient pas uniquement de l’extérieur ?

Non. Près de 80 % des faits commis le sont à l’intérieur de l’entreprise.

C’est pour cela qu’il faut impliquer ses salariés, les former et leur faire signer des reconnaissances de responsabilité.


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