dimanche 10 décembre 2017

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Des soldats français s’envolent pour l’Afghanistan

Ophélie Wallaert, le Figaro, avec Le Parisien et le Dauphiné Libéré

mercredi 19 novembre 2008, sélectionné par Spyworld

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180 chasseurs alpins du 27e bataillon d’Annecy partent aujourd’hui pour une mission de six mois dans la vallée de la Kapisa, où dix militaires français ont été tués par les talibans en août dernier.

Après des jours et des jours d’entraînement en Haute-Savoie, les paysages arides et tourmentés de la vallée de la Kapisa en Afghanistan seront désormais leur seul horizon. Un premier groupe de 180 soldats sur les 405 envoyés en renfort pour combattre les talibans quittent mercredi le sol français. Deux autres vagues de départ suivront, le 29 novembre et le 9 décembre. Radioscopie d’une mission.

Qui sont ces hommes ? 405 militaires du 27e bataillon de chasseurs alpins (BCA) de Cran-Chevrier, près d’Annecy, en Haute-Savoie. A leur tête, le colonel Nicolas Le Nen, qui part pour la troisième fois en mission en Afghanistan.

Quelle est leur mission ? Contrôler la vallée de la Kapisa où opèrent les talibans. Un endroit très stratégique car la Kapisa est l’une des voies d’accès, par le nord-est, à Kaboul la capitale afghane. Les hommes de la BCA vont y relever le 8ème RPIMa, régiment auquel appartenaient les soldats tués dans une embuscade le 18 août dernier. La mission va durer six mois. Alors qu’une opération extérieure dure en moyenne quatre mois, celle-ci a été allongée de 60 jours. « Aussi longtemps que durera notre engagement en Afghanistan, des éléments du 27e BCA partiront chaque hiver (pour) des missions de renseignement, de présence, de reconnaissance et de nettoyage de zones tenues par les rebelles », avait précisé le ministre de la Défense Hervé Morin en octobre dernier.

Comment se sont-ils préparés ? Ils ont suivi une formation spécifique de six mois avec exercices de tirs variés et simulations d’embuscades. Avec en point d’orgue, dix jours d’entraînement grandeur réelle dans le Briançonnais. « On est prêts. Mes hommes ont tiré plus d’un million de cartouches », affirme le chef de corps du 27e BCA Nicolas Le Nen, dans Le Parisien.

Comment sont-ils équipés ? 112 Vab (véhicules avant blindés) les attendent sur place, 57 VBL (véhicules blindés légers ) et 5 chars. « Chaque régiment français a contribué à « l’effort de guerre », en envoyant ses meilleurs véhicules », précise le Dauphiné Libéré. Et les chasseurs alpins emmenent avec eux huit VHM (véhicules à haute mobilité) blindés, une première dans l’histoire de l’armée française, ainsi que quatre Vac (véhicules articulés à chenilles). « On est bien équipés avec des gilets pare-balles de dernière génération, des brouilleurs sur tous nos engins. On part donc confiants », assure Nicolas Le Nen. Sans oublier les skis, indispensables dans la zone montagneuse où ils vont évoluer.

« Ça cogite après la mort de nos dix collègues »

Quel est leur programme ? Leur avion se posera à Kaboul, la capitale. Les Français rejoindront ensuite Bagram, la base où se trouvent 13 000 soldats de la coalition. « Ici, les gars vont revoir des protocoles de tir et de secourisme avec les Américains », explique Nicolas Le Nen. « Ensuite, nous partirons sur nos bases à Tagab et Nijrab, (qui sont éloignées l’une de l’autre de 30 kilomètres) ».

Quel est leur terrain d’opération ? La vallée de la kapisa, province longue de 57 km et large de 60, située à l’ouest de Kaboul. Son climat aride, son terrain accidenté et ses montagnes enneigées (les soldats français évolueront entre 1800 et 4200 mètres d’altitude) en font une zone difficile d’accès. Mais l’hiver qui approche est un atout pour les militaires français car, explique Nicolas Le Nen, « les Talibans ont du mal à passer les cols avec la neige. L’activité insurgée décroît », à cette période de l’année.

Quelles seront leurs conditions de vie ? Pendant cette longue période, les chasseurs pourront communiquer avec leur familles via internet et leurs téléphones portables. « Tous les chasseurs ont suivi une formation sur ce qu’ils peuvent dire ou non pour ne pas se mettre en danger », précise leur chef, Nicolas Le Nen.

Comment vivent-ils ce départ ? « Il y a une appréhension. Ça cogite après la mort de nos dix collègues. On y pense régulièrement », confie le caporal-chef Cyril Anthonioz, au Parisien. Lui, qui se dit « fier d’avoir été désigné pour partir là-bas », sait que « le danger peut venir de partout ». Nicolas Le Nen avoue redouter une seule chose : « perdre des hommes bien évidemment. Je suis très attaché à mes chasseurs. Ils sont comme mes enfants. Ils me font confiance, je ne peux ni les trahir, ni les décevoir ».


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