dimanche 22 octobre 2017

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Avenir incertain pour le chef du renseignement

Denis Masmejan, Letemps.ch

jeudi 20 novembre 2008, sélectionné par Spyworld

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Le poste d’Urs von Däniken va être mis au concours, a décidé le Conseil fédéral.

Prélude à un changement de chef à la tête du renseignement intérieur suisse, dirigé par Urs von Däniken depuis près de vingt ans ? C’est ce que laisse supposer un communiqué sibyllin annonçant la décision prise par le Conseil fédéral, mercredi, de mettre prochainement au concours le poste de directeur du Service d’analyse et de prévention (SAP) occupé par Urs von Däniken.

Pour le Conseil fédéral, cette mise au concours constitue apparemment l’une des étapes qui doivent parachever le transfert du SAP, aujourd’hui rattaché au Département fédéral de justice et police (DFJP), vers le Département de la défense. Le gouvernement s’était résolu à ce transfert ce printemps, après en avoir été requis avec insistance par le parlement dans le but d’améliorer la coordination, jugée problématique, entre le renseignement extérieur, subordonné au Département de la défense, et le renseignement intérieur, rattaché au DFJP.

Tout reste ouvert

Urs von Däniken conserve ses fonctions jusqu’à la fin de l’année, et continue à diriger notamment certaines sections du SAP non directement chargées de tâches de renseignement et qui ne sont pas appelées à être transférées.

Au-delà, tout reste ouvert, indique la porte-parole du DFJP Brigitte Hauser. Dès le 1er janvier 2009, l’actuel numéro deux du renseignement, Jürg Bühler, prendra le titre de directeur ad interim. Le gouvernement l’a également désigné mercredi, avec effet immédiat, responsable des opérations qui doivent assurer le transfert effectif des services au sein du Département de la défense. Ces opérations ont débuté en milieu d’année déjà « et sont en bonne voie », souligne le communiqué. La mise au concours aura lieu dès que l’organisation et les tâches du nouveau service auront pu être précisées.

Urs von Däniken a survécu jusqu’ici aux restructurations accompagnées de crises profondes qui ont affecté ses services. Placé à la tête de la police fédérale juste après le scandale des fiches, en février 1990, Urs von Däniken s’était opposé avec vigueur au remodelage décidé par Ruth Metzler en 2000. La nouvelle organisation faisait de lui le responsable du seul renseignement, et ôtait à son service les tâches de police judiciaire dans les délits relevant de la compétence fédérale pour les confier à une unité distincte. Plus récemment, l’affaire Achraf, du nom d’un terroriste présumé recherché par l’Espagne, faisait apparaître des carences dans la coordination des différents services de sécurité fédéraux et le mettait à nouveau sous pression.


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