lundi 11 décembre 2017

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Sarkozy veut "armer" l’industrie française

Challenges.fr

jeudi 20 novembre 2008, sélectionné par Spyworld

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En déplacement dans le Loir-et-Cher, le chef de l’Etat a présenté le fonctionnement du Fonds stratégique d’investissement, "arme anticrise".

Le Fonds stratégique d’investissement français sera doté de 20 milliards d’euros, et non pas de 100 milliards comme initialement prévu… mais peut-être de plus par la suite, "si ça marche". C’est ce qu’a annoncé Nicolas Sarkozy, jeudi 20 novembre, lors d’une visite dans le Loir-et-Cher (Centre), où il s’est exprimé devant les ouvriers de Daher, un sous-traitant industriel dans lequel le fonds va investir 85 millions d’euros.

Assurant que cette somme le situerait "parmi les vingt premiers investisseurs de long terme au monde", le président de la République a également expliqué que ce fonds, "arme anticrise", pourrait s’allier avec d’autres fonds étrangers. La vocation du fonds sera double : d’une part, conforter des entreprises ne trouvant pas sur le marché l’argent nécessaire à leur développement, et d’autre part "sécuriser le capital d’entreprises stratégiques".

Un trio Romanet/Dehecq/Barbizet

Ce fonds sera abondé par des participations de la Caisse des dépôts et consignations et de l’Etat à hauteur de 14 milliards d’euros et pour 6 milliards par des "liquidités" apportées par ses actionnaires. "La Caisse des dépôts apportera au fonds toutes ses participations stratégiques" et "l’Etat apportera les participations qu’il détient par exemple dans Air France, Renault ou les Chantiers de l’Atlantique", a détaillé le locataire de l’Elysée.

Le conseil d’orientation du Fonds sera présidé par Jean-François Dehecq, le président de Sanofi-Aventis, et son comité d’investissement par Patricia Barbizet, vice-présidente du groupe PPR.

Le DG de la CDC, Augustin de Romanet, présidera le conseil d’administration. La CDC sera en effet l’actionnaire majoritaire du fonds, l’Etat détenant une participation minoritaire mais "importante", selon Nicolas Sarkozy. La structure retenue pour le fonds est celle d’une société anonyme.

Les syndicats inclus

Le président a aussi invité les syndicats à intervenir au comité d’orientation du fonds stratégique d’investissement, pour "donner leur opinion sur l’avenir des filières" en difficulté. "Les syndicalistes ne sont pas là simplement pour défendre des acquis sociaux, je veux aussi les responsabiliser. Ils ont parfaitement le droit et la compétence pour donner leur avis sur des principes d’investissement", a déclaré Nicolas Sarkozy.

Il a enfin annoncé que l’Etat travaillerait "dans les prochaines semaines" à un "plan de relance des infrastructures françaises et sur la mise en pratique concrète du développement durable". Le chef de l’Etat avait souligné, le 23 octobre, qu’en trois ans "175 milliards d’euros d’investissement direct" seraient mis par l’Etat dans l’activité économique, représentant la somme des investissements publics déjà prévus par le budget.

Nicolas Sarkozy a poursuivi, en disant vouloir mener "une stratégie offensive" avec les partenaires européens de la France "d’ici au début de l’année prochaine", citant l’Allemagne. "Il ne faut pas se précipiter mais il ne faut pas perdre de temps. Je ne laisserai pas des secteurs entiers désarmés face à la crise", notamment "l’automobile" qui représente "10% de la population active française".


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