lundi 16 octobre 2017

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Deutsche Telekom espionnait ses clients, ses employés et leur famille

AFP

vendredi 21 novembre 2008, sélectionné par Spyworld

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Le scandale sur les pratiques d’espionnage de Deutsche Telekom prend une ampleur inédite : ce ne sont pas seulement des membres de son conseil de surveillance que le numéro un européen des télécoms a espionnés, mais aussi leurs enfants, des syndicalistes, des secrétaires.

Dès le mois de mai, l’ex-monopole public avait reconnu des pratiques d’espionnage de données téléphoniques en 2005 et 2006. Des listes d’appel avaient été comparées, pour identifier les sources de fuites d’informations confidentielles à la presse.

Le scandale avait fait grand bruit, forçant Deutsche Telekom à un humble mea culpa. Mais depuis, le parquet de Bonn, où siège le groupe, continue à mener l’enquête, et l’affaire prend des proportions de plus en plus larges. Il s’avère que le groupe a singulièrement élargi le champ de ses investigations, en se penchant par exemple sur les appels passés par les enfants de certains membres de son conseil de surveillance, révélait mercredi le quotidien Handelsblatt.

Il aurait également espionné les données téléphoniques de syndicalistes en vue, le président du syndicat Verdi ou celui de la confédération syndicale DGB, qui n’ont rien à voir directement avec l’entreprise et ne siègent pas à son organe de surveillance.

Le premier, Frank Bsirske, a comparé il y a quelques jours les méthodes de Deutsche Telekom à celles de la Stasi, la police politique de feu la RDA. "Je pars du principe que mes appels ont aussi été écoutés ; simplement collecter des données sur les connections ne fait pas sens", a déclaré Wolfgang Borkenstein, un membre du comité d’entreprise de Deutsche Telekom, également sur la liste des victimes, à l’hebdomadaire Stern.

Le parquet de Bonn examine des documents saisis au siège de Deutsche Telekom, et informe au fur et à mesure les personnes concernées par l’affaire. A ce jour, elle en a identifiées 55, mais "je ne peux pas exclure que l’on trouve encore plus de noms", reconnaissait jeudi le procureur Friedrich Apostel. Ses services n’ont évalué pour l’instant qu’une "fraction" des documents saisis.

Deutsche Telekom n’en était pas son premier coup, ce qui a sérieusement malmené l’image de la compagnie qui assure toujours, sur fixe comme sur portable, les liaisons téléphoniques de la plupart des Allemands.

Récemment, la société a admis le vol en 2006 des données de 17 millions de clients de T-Mobile. Dans une autre affaire, celles de 30 millions de clients ont été brièvement consultables sur internet à cause d’une erreur technique.

Le ou les commanditaires des opérations d’espionnage ne sont toujours pas identifiés. Selon la presse, l’étau se resserre autour de l’ancien chef du conseil de surveillance, Klaus Zumwinkel, jusqu’à peu également patron d’un autre ex-monopole, Deutsche Post.

Cela pourrait expliquer que parmi les victimes d’espionnage se soient trouvés des syndicalistes qui n’avaient rien à voir avec Deutsche Telekom, mais occupaient des fonctions chez Deutsche Post ou dans d’autres sociétés où M. Zumwinkel exerçait des mandats.

Pour le moment, outre M. Zumwinkel, sept autres personnes sont dans le collimateur du parquet de Bonn, parmi elles l’ancien patron Kai-Uwe Ricke.


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