lundi 23 octobre 2017

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La Sûreté belge a du mal à obtenir le rappel d’agents des services marocains

AFP

vendredi 21 novembre 2008, sélectionné par Spyworld

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La Belgique a demandé il y a cinq mois au Maroc de rappeler trois de ses agents de renseignement en poste à Bruxelles au comportement jugé indélicat, mais sans résultat jusqu’à présent, a indiqué vendredi le chef de la Sûreté de l’Etat belge Alain Winants.

"J’ai demandé par écrit début juillet à Yassine Mansouri, le directeur de la DGED (Direction générale des études et de la documentation, services de renseignement extérieur marocain, ndlr) le rappel et le remplacement de trois de ses agents", a-t-il déclaré à l’AFP.

Les autorités marocaines ne s’étant pas rapidement exécutées, M. Winants a précisé qu’il avait dû avoir un entretien à ce sujet vers le 20 août avec le numéro deux de la DGED venu à Bruxelles.

Trois mois plus tard, a souligné le chef du contre-espionnage belge, ces trois agents sont toujours en Belgique, "même s’il semble qu’ils soient en partance".

M. Winants a affirmé que sa demande de rappel "n’a pas de lien direct" avec le procès du Belgo-marocain Abdelkader Belliraj, jugé au Maroc pour terrorisme, et qui, selon la presse belge, aurait travaillé autrefois comme informateur pour la Sûreté belge.

Toutefois, "je ne vous cache pas que le manque général de collaboration" du côté marocain "dans l’affaire Belliraj a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase", a-t-il ajouté, sans vouloir entrer dans les détails.

Abdelkader Belliraj, 50 ans, a été arrêté le 18 février au Maroc, avec d’autres personnes dont son frère, en possession d’un important arsenal.

Avant l’ouverture de son procès à Salé, ville mitoyenne de Rabat, avec 33 autre inculpés, notamment pour assassinat et tentative d’assassinat, M. Belliraj a affirmé le 14 novembre qu’il avait été torturé et que le dossier à charge a été "fabriqué".

Il est par ailleurs soupçonné par la justice belge d’avoir dirigé un réseau d’islamistes en Belgique et d’y avoir commis six meurtres dans les années 1980 et 1990, mais l’enquête n’est toujours pas terminée.

Indépendamment du dossier Belliraj, a poursuivi M. Winants, "nous avions attiré déjà à plusieurs reprises l’attention des Marocains sur des comportements inacceptables, des actes d’ingérence" de leur part en Belgique.

"On peut comprendre que les services marocains s’intéressent à la communauté marocaine en Belgique. Mais, il y a des règles de coopération à respecter qui ne me semblent pas avoir été respectées", s’est borné à expliquer M. Winants.

Le patron de la Sûreté belge a fait allusion à des problèmes de même nature auxquels les services marocains auraient été récemment confrontés aux Pays-Bas et au Danemark.

Le porte-parole du ministre belge de la Justice Jo Vandeurzen, dont relève la Sûreté, a confirmé à l’AFP que l’affaire en restait pour l’instant au niveau administratif et n’avait pas encore pris une dimension diplomatique formelle.

"On n’en est pas encore à déclarer persona non grata" les trois agents indésirables, a indiqué M. Leo De Bock. Mais "jusqu’à ce qu’ils partent" les communications entre la Sûreté et la DGED feront l’objet de restrictions techniques, a-t-il dit en substance.


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