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Mort d’un soldat français : deux mines ont explosé

Nouvelobs.com, avec AFP

dimanche 23 novembre 2008, sélectionné par Spyworld

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Le soldat français tué et son camarade blessé ont été victimes de l’explosion de deux mines, et non d’une seule, alors qu’ils effectuaient une reconnaissance en périphérie sud de Kaboul.

Le soldat français tué et son camarade blessé ont été victimes samedi de l’explosion de deux mines, et non d’une seule, alors qu’ils effectuaient une reconnaissance en périphérie sud de Kaboul, a annoncé dimanche 23 novembre l’armée française.

"Émotion" à Paris

"Les deux adjudants effectuaient une reconnaissance à pied, sur une portion de piste proche d’un champ de tir, lorsque l’un d’eux a marché sur une mine et a été grièvement blessé", a déclaré à l’AFP le lieutenant-colonel Bruno Louisfert, porte-parole de l’armée française en Afghanistan. "Le second a voulu marche faire arrière et il a déclenché l’explosion d’une seconde mine, qui l’a tué", a-t-il ajouté. Après le président français Nicolas Sarkozy, le chef du gouvernement François Fillon et le ministre de la Défense Hervé Morin, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a, à son tour, exprimé sa "grande émotion" dans la nuit de samedi à dimanche, après la mort de cet adjudant de 32 ans. C’est le premier mort français en Afghanistan depuis l’embuscade d’Uzbeen dans laquelle dix soldats avaient été tués à la mi-août.

Détermination à lutter contre le terrorisme

"J’ai appris avec une grande émotion la mort d’un soldat français ce matin, au sud de Kaboul, tué par l’explosion d’une mine qui a grièvement blessé un de ses camarades. Je m’associe à la douleur de leurs familles et de leurs proches", a déclaré Bernard Kouchner dans un communiqué diffusé dans la nuit de samedi à dimanche. "Avec les forces alliées, ces deux hommes oeuvraient pour la sécurité, la stabilité et la liberté de l’Afghanistan (...) Les lâches pratiques des ennemis de la paix en Afghanistan ne changeront en rien notre détermination à lutter contre le terrorisme et la barbarie", a-t-il affirmé. Nicolas Sarkozy et le Premier ministre, François Fillon, ont exprimé samedi leur "grande émotion". Condamnant "avec force les pratiques lâches et barbares des ennemis de la paix en Afghanistan", le chef de l’Etat a "réaffirmé sa détermination à lutter contre le terrorisme". Le ministre de la Défense, Hervé Morin, a indiqué "sa grande peine et sa reconnaissance" à l’égard des deux sous-officiers.

Les jours du soldat blessé ne sont pas en danger

Le décès de cet adjudant porte à 24 ou 25 selon les décomptes le nombre de soldats français morts en Afghanistan depuis le début de l’intervention alliée dans ce pays, déclenchée en octobre 2001 après les attentats du 11 septembre. "L’explosion s’est produite en milieu de matinée, à proximité du camp de Darulaman, au sud de Kaboul, au cours d’une reconnaissance à pied", a précisé le capitaine de vaisseau Christophe Prazuck, de l’état-major des armées à Paris. Un second adjudant, âgé de 36 ans, a été grièvement blessé par cette explosion mais "ses jours ne sont pas en danger", a-t-il ajouté. Les deux hommes appartenaient au 3e Régiment du génie de Charleville-Mézières (Ardennes). Le 18 août dernier à Uzbeen, huit fantassins étaient tombés sous les balles des insurgés afghans qui en avaient tué un neuvième à l’arme blanche. Un autre soldat français était décédé le lendemain dans un accident lorsque son véhicule blindé, engagé dans l’opération, s’était retourné. Selon le commandant Prazuck, l’explosion de samedi est survenue alors que les deux soldats "spécialistes du déminage, progressaient dans une zone menant à des champs de tir".

Les mines, danger majeur pour les civils et les forces alliées

Ces adjudants appartenaient à une équipe d’instructeurs français insérés dans un bataillon de soldats afghans du 201e corps de l’Armée nationale afghane (ANA), déployé dans la région de Kaboul. Toujours selon le commandant Prazuck, "le militaire blessé a été évacué par un hélicoptère français Caracal sur le groupe médico-chirurgical du camp de Warehouse, dans la banlieue sud de Kaboul, où il a été immédiatement opéré". Les mines artisanales et munitions non explosées représentent un risque majeur pour les civils et les soldats de la coalition en Afghanistan. Depuis le mois de septembre, 2.500 armes et munitions y ont été détruites par les seules forces françaises. Depuis près de deux ans, les violences ont redoublé d’intensité dans ce pays malgré la présence de près de 70.000 soldats étrangers. Parmi eux figurent quelque 2.800 militaires français, dont 350 environ participent à la formation de l’ANA, depuis son entraînement jusqu’aux missions de combat.


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