jeudi 14 décembre 2017

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Le SM inquiet du "contre-terrorisme"

AFP

samedi 29 novembre 2008, sélectionné par Spyworld

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Le Syndicat de la magistrature (SM, gauche) a conclu son congrès, à Paris, par un colloque international sur "le recul des libertés publiques depuis le 11 septembre 2001" et les inquiétudes nées d’un "contre-terrorisme échappant à tout contrôle judiciaire".

Les "événements criminels" des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis ont conduit ces derniers et leurs alliés à "une politique implacable qui ne saurait être atteinte par les délicatesses du droit international", a expliqué Ron Brady, de Human Rights Watch (HRW), devant les magistrats du SM.

Les attentats ont été "utilisés comme une formidable occasion de bousculer le champ juridique avec, dans un grand nombre de pays, l’utilisation du contre-terrorisme comme paravent de la lutte contre l’opposition politique", a estimé Denys Robiliard, d’Amnesty International.

Les centres de détention secrets, les "prisons extraterritoriales" comme à Guantanamo, les transferts de prisonniers dans des Etats où on "externalise" la pratique de la torture signifient "la négation du droit et le règne de l’arbitraire", pour Patrick Baudoin, de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH).

Ce "contre-terrorisme, qui se développe à l’échelle globale" grâce à une coopération entre les polices, justices et services de renseignement, "présente la sécurité comme la première des libertés pour laquelle sont sacrifiées d’autres libertés comme celles de culte ou d’opinion", a commenté le chercheur Didier Bigo.

Cet enseignant à Sciences-Po a remarqué que "ce qui est le plus remis en cause aujourd’hui, c’est la présomption d’innocence", à travers "un discours de prévention" qui "légitime le droit d’intervenir avant qu’il se passe quelque chose".


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