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Terrorisme en Inde : les nouvelles technologies jouent double jeu

Valery Marchive, Le Point.fr

mercredi 3 décembre 2008, sélectionné par Spyworld

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L’Inde commence à panser ses plaies après plusieurs jours de lutte antiterroriste à Bombay (Mumbai). Durant cet événement dramatique, les technologies de l’information ont montré - à nouveau - leur dualité.

D’un côté, les blogs, les services de partage de photos sur Internet tels que Flickr ou encore de micro-blogging comme Twitter ont amené à une couverture extrêmement rapide des attentats. Nos confrères de Times of India ont par exemple comptabilisé jusqu’à 80 messages - limités à 140 caractères - sur le service Twitter toutes les 5 secondes, pendant la durée des événements. Et le quotidien indien de relever qu’il n’a fallu que "quelques instants après les premiers coups de feu à Mumbai [pour] que la terreur se propage en ligne". Sur Flickr, une simple recherche sur les termes Mumbai et Terror conduit rapidement à de très nombreux résultats. Parmi lesquels se cachent parfois les photographies de professionnels tels que Soumik Kar , arrivé sur les lieux le 27 novembre.

Mais les nouvelles technologies n’ont pas servi qu’à propager les informations sur les événements auprès du grand public. Tout d’abord, des signes, que l’on pourrait interpréter comme précurseurs, auraient été observés sur le Web, courant novembre, avec l’affrontement de groupes de pirates informatiques indiens et pakistanais, sur le réseau social Orkut, concurrent de Facebook, puis par sites Web détournés interposés, comme ceux de groupes gaziers locaux.

Surtout, selon les services antiterroristes indiens, l’ATS, les auteurs des attentats de Bombay communiquaient entre eux via des Smartphones RIM, utilisant le service Blackberry, selon Times of India , des cartes SIM étrangères. Le choix du service Blackberry s’explique facilement : les échanges de données entre terminaux connectés au service Blackberry sont fortement chiffrés. Du coup, ils sont imperméables aux tentatives d’écoute des autorités indiennes.

Nouvelle menace

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement indien est confronté à ce problème. Fin juillet dernier, l’enquête sur les attentats de Bangalore et d’Ahmedabad avait révélé l’utilisation, par les terroristes, de cartes SIM étrangères. Et l’étanchéité du service Blackberry a déjà soulevé l’ire des autorités indiennes. Fin avril dernier, c’est le puissant groupe Tata qui s’est vu initialement refuser la commercialisation du service de RIM en Inde pour cette raison, par le ministère de l’Intérieur. Avant que le ministère des Télécommunications n’indique finalement qu’aucune autorisation n’était requise - alors que les opérateurs Airtel, Reliance et Vodafone commercialisaient déjà le service Blackberry. Mais l’État indien a déjà demandé à RIM de lui fournir des moyens d’écoute électronique de ses services ; la question, jusqu’ici restée en suspens, pourrait revenir sur le devant de la scène.

Reste que les attentats de Bangalore et d’Ahmedabad, au mois de juillet 2008, ont mis en lumière l’évolution technologique du terrorisme local. Comme à Mumbai ou à New Delhi, en septembre, la revendication est arrivée par e-mail. Pour les attentats d’Ahmedabad et de New Delhi, l’e-mail a été envoyé depuis un point d’accès WiFi piraté, à chaque fois dans les environs de Mumbai. Depuis, le contrôle des cybercafés du pays a été renforcé ; la question de la responsabilité du propriétaire d’un point d’accès WiFi non sécurisé fait débat.

Car c’est l’une des clés pour remonter aux auteurs des e-mails de revendication. Ceux des attentats de Mumbai auraient été expédiés via un serveur mandataire installé en Russie, afin de brouiller les pistes. De quoi montrer que les terroristes sévissant en Inde sont techniquement compétents. Et il y a de quoi ! Parmi les personnes impliquées dans les derniers attentats survenus en Inde, on compte au moins trois anciens employés d’entreprises du secteur des services informatiques, notamment Wipro et Yahoo.

Mais la technologie ne fait pas tout et les bons vieux réseaux continuent de jouer à plein. Fin septembre, le quotidien indien The Hindu expliquait ainsi que le groupe terroriste des Indian Mujahideen peut compter sur l’appui logistique de la mafia ; un groupe qui, dès la mi-septembre, menaçait, par e-mail, d’attentats à Mumbai. Selon l’agence Press Trust of India , un nouvel e-mail menace désormais d’un attentat à l’aéroport en pleins travaux de modernisation de New Delhi.


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