mardi 24 octobre 2017

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"90 ans de contre-espionnage militaire" russe : exposition inédite à Moscou

AFP

samedi 6 décembre 2008, sélectionné par Spyworld

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Plans secrets pour faire sauter le Bolchoï et d’autres monuments emblématiques en cas d’occupation de Moscou par les nazis, effets personnels de Staline et Hitler : une exposition russe inédite raconte "90 ans de contre-espionnage militaire".

En 1941, "il existait un vrai risque que les forces allemandes prennent le contrôle de Moscou", a raconté le chef des archives des Services de sécurité, Vassili Khristoforov, lors de l’inauguration de l’exposition jeudi au Musée central des forces armées à Moscou, en présence d’anciens du KGB.

Après une offensive éclair, la Wehrmacht était aux portes de la ville, à 40 kilomètres du Kremlin. Le contre-espionnage soviétique mit alors au point le "plan de Moscou", détaillé sur des pages dactylographiées dans l’une des vitrines, parmi nombre d’objets et documents présentés pour la première fois au public.

Ainsi, plus de 1.100 sites à Moscou et dans sa région furent minés. Des centaines d’agents reçurent l’ordre de rester dans la ville pour harceler l’ennemi et détruire des bâtiments afin qu’ils ne tombent pas entre les mains des nazis en cas d’occupation,.

Le "détachement 3R" est chargé de "mener des attaques terroristes contre les commandants allemands de haut rang, les autorités occupantes et les traîtres à la nation", peut-on lire sur l’un des documents d’archives.

"Mais, Dieu merci, les Allemands n’ont jamais pris Moscou et il n’a pas fallu faire exploser les sites en question", parmi lesquels le célèbre théâtre du Bolchoï et la cathédrale Basile le Bienheureux sur la place Rouge, observe M. Khristoforov.

Parmi les nombreuses armes de guerre exposées, un pistolet caché dans une canne accroche le regard : il a été fabriqué en France au début du 20e siècle et utilisé par les services secrets tsaristes avant la révolution bolchévique. "Tous les services secrets européens ont utilisé" cette arme, affirme Sergueï Kojine, conservateur de l’exposition.

Un portrait de Joseph Staline figure en bonne place au côté d’une lampe de bureau sombre et d’un porte-verre en argent utilisés par l’ancien dictacteur soviétique (1878-1953).

Plus insolite, une bottine orthopédique brûlée, qui appartenait à l’ancien chef de la Propagande nazie, Joseph Goebbels, est exposée dans l’une des vitrines consacrées aux archives de hauts dignitaires hitlériens.

On y découvre aussi un manteau d’Adolf Hitler orné d’une croix gammée, saisi par l’Armée rouge dans le bunker du Führer lorsqu’elle entra dans Berlin et que le dictateur se suicida avec Joseph Goebbels.

Le général Leonid Ivanov, 90 ans, dont 54 dans les services secrets russes, était alors dans la capitale du Reich en ruines. Il raconte qu’un officier lui adressa une note disant : "Envoyez une voiture. Nous avons trouvé le corps de Goebbels".

Et celui d’Hitler ? L’ordre fut donné de brûler le corps et de cacher les cendres, a répondu jeudi M. Ivanov sans dire où. "Je connais l’endroit. J’y ai été", a-t-il simplement ajouté, laconique.

Sans le contre-espionnage militaire soviétique, la victoire sur l’Allemagne "n’aurait pas eu lieu en mai 1945, mais plus tard", affirme ce vétéran.

"Le contre-espionnage militaire a apporté une contribution majeure à notre victoire. Nous sommes en colère quand nous lisons dans les médias que les officiers du contre-espionnage étaient bêtes, restaient à l’arrière et buvaient de la vodka", a raconté le nonagénaire très courtisé par les médias lors de l’inauguration.


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