mercredi 18 octobre 2017

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Attentats de Bombay : le Pakistan arrête 15 membres d’une fondation islamiste

AFP

lundi 8 décembre 2008, sélectionné par Spyworld

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Dans la ligne de mire de New Delhi depuis les attaques de Bombay, le Pakistan a arrêté quinze membres d’une organisation caritative proche du principal groupe soupçonné par l’Inde, au moment même où les Etats-Unis l’appelaient à agir contre les "terroristes".

L’opération-éclair a eu lieu dimanche soir dans la banlieue de Muzaffarabad, la capitale de la partie du Cachemire administrée par le Pakistan.

"Les forces de sécurité ont mené hier soir un raid contre un camp de la fondation Jamaat-ud-Dawa" considérée comme la branche politique du Lashkar-e-Taïba (LeT), a annoncé lundi un responsable des services de sécurité pakistanais. Le LeT est le principal suspect des attentats selon New Delhi.

L’un de ses collègues des services de renseignement avait auparavant annoncé cette opération, en évoquant au départ trois interpellations.

Il s’agissait de "recueillir des détails sur les activités de la fondation au Cachemire, après les accusations de l’Inde selon lesquelles le Lashkar-e-Taïba utilise le territoire pakistanais pour s’entraîner", a ajouté l’officier pakistanais.

Au même moment, dimanche, la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice, assurait qu’Islamabad était conscient de sa responsabilité pour agir contre ses groupes "terroristes".

Ces arrestations interviennent alors que New Delhi ne cesse de marteler que les "terroristes" de Bombay venaient tous du Pakistan. Elle a remis à son frère ennemi une liste de 20 suspects —parmi lesquels plusieurs responsables du LeT— dont elle exige l’arrestation et l’extradition.

New Delhi et son nouvel allié américain imputent les attaques coordonnées de Bombay au LeT, l’un des mouvements armés fondamentalistes pakistanais qui assurent lutter contre l’"occupation" indienne du Cachemire et contre les "persécutions" dont seraient victimes les 150 millions de musulmans en Inde.

Le mouvement a longtemps bénéficié de la bienveillance d’Islamabad, voire de l’aide de ses puissants services de renseignements.

Des responsables militaires et de l’antiterrorisme américains, cités lundi par le New York Times, admettent que le LeT est plus puissant que ce qu’ils pensaient. Mais ils ne croient pas à l’implication des services secrets.

Le gouvernement pakistanais répond depuis dix jours que si les Indiens démontrent que les assaillants venaient bien du Pakistan, il fera tout pour arrêter et juger les organisateurs du carnage de Bombay (163 tués et neuf assaillants abattus).

Le LeT est interdit depuis 2002 mais la fondation Jamaat-ud-Dawa, qui travaille véritablement sur le terrain pour les déshérités au Cachemire —en particulier depuis le séisme dévastateur d’octobre 2005— est considérée comme sa vitrine politique, dirigée par le fondateur du LeT, Hafiz Saeed.

New Delhi accuse quasi-systématiquement le Pakistan à chaque attentat sur son territoire, en particulier les services de renseignements pakistanais qui, selon New Delhi, soutiennent et utilisent les nombreux groupes islamistes qui s’attaquent à l’Inde.

Et le Cachemire reste l’abcès de fixation entre l’Inde et le Pakistan. Il a provoqué deux de leurs trois guerres depuis leur indépendance en 1947. Une attaque contre le Parlement fédéral à New Delhi le 13 décembre 2001, attribuée par l’Inde au LeT, avait failli déclencher un quatrième conflit entre les deux voisins.

Les deux puissances nucléaires d’Asie du Sud, qui s’étaient beaucoup rapprochées grâce au processus de paix relancé en janvier 2004, ont de nouveau des relations extrêmement tendues.

Dimanche, le ministre indien des Affaires étrangères Pranab Mukherjee a encore fustigé le Pakistan, sur fond de rumeurs relayées par Islamabad d’une éventuelle frappe militaire de représailles menée par New Delhi. Le président élu américain Barack Obama a reconnu dimanche "le droit d’un pays attaqué à se défendre", sans aller jusqu’à reconnaître à l’Inde le droit de poursuivre le LeT au Pakistan.


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