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La menace de terrorisme biologique augmente, selon un nouveau rapport

Merle Kellerhals, America.gov

mercredi 10 décembre 2008, sélectionné par Spyworld

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Un récent rapport exigé par le Congrès affirme que la menace d’une attaque terroriste au moyen d’armes biologiques ou nucléaires est réelle et pourrait se concrétiser dans les cinq prochaines années.

« Si la communauté internationale n’agit pas de façon décisive et immédiatement, il est fort probable qu’une arme de destruction massive sera utilisée dans une attaque terroriste quelque part dans le monde d’ici à la fin de 2013 », indique le rapport intitulé « World at Risk » de la Commission sur la prévention de la prolifération des armes de destruction massive et du terrorisme.

« La commission est en outre d’avis que les terroristes obtiendront sans doute plus facilement une arme biologique qu’une arme nucléaire. »

Ce rapport est le fruit d’une enquête de six mois réalisée par la commission créée en 2007 par le Congrès conformément aux recommandations de la Commission nationale sur les attaques terroristes aux États-Unis. Forte de 9 membres et dirigée par les sénateurs Bob Graham et Jim Talent, cette commission a entendu des témoins, visité des sites, y compris en Russie, et interrogé plus de 250 spécialistes fédéraux et indépendants aux États-Unis et à l’étranger.

Publié le 3 décembre dernier, ce rapport contient 13 recommandations axées sur la lutte contre le bioterrorisme, le renforcement d’organisations internationales, telles que l’Agence internationale de l’énergie atomique, afin de parer à la menace de terrorisme nucléaire et la création d’une approche globale face aux pays qui abritent des groupes terroristes.

La commission est en outre d’avis que les menaces évoluent plus rapidement que la capacité de la communauté internationale d’y faire face. « A notre avis, la marge de sécurité des États-Unis est en train de se rétrécir », est-il affirmé dans le rapport.

Le président Bush a félicité la commission de la minutie de son rapport et de ses conclusions. « Le gouvernement a collaboré étroitement avec la commission durant son enquête et est d’accord avec sa conclusion selon laquelle le risque d’acquisition d’une arme de destruction massive par des terroristes et de son utilisation sur notre territoire ou contre nos intérêts à l’étranger demeure dangereusement réel », est-il affirmé dans une déclaration de la Maison-Blanche sur ce rapport.

La menace croissante de bioterrorisme

« La commission est d’avis que le gouvernement des États-Unis doit agir plus activement pour limiter la prolifération des armes biologiques et pour réduire les risques d’une attaque terroriste au moyen de ces armes », est-il indiqué dans le résumé du rapport.

La biotechnologie s’est en effet répandue dans le monde entier et, si elle a entraîné des percées considérables en médecine et dans l’agriculture, elle a également facilité l’accès à divers pathogènes et techniques susceptibles d’être détournés à « de lugubres fins ». Il est également conseillé aux États-Unis dans ce rapport d’investir la majeure partie de leurs efforts de non-prolifération et de leurs initiatives diplomatiques dans la prévention du terrorisme nucléaire, la priorité devant être accordée dès aujourd’hui au terrorisme biologique.

Les milieux des sciences de la vie n’ont jamais connu d’expérience comparable à celle de l’avènement de la bombe nucléaire dans le domaine atomique et, conséquemment, les scientifiques ont mis du temps à prendre conscience des problèmes de sécurité.

« Il est essentiel que les milieux des sciences naturelles, qu’il s’agisse d’universités, de facultés de médecine, d’écoles de médecine vétérinaire, d’instituts de recherche non gouvernementaux, d’associations commerciales ou d’entreprises biotechnologiques ou pharmaceutiques, fassent des efforts pour sensibiliser les chercheurs aux questions de sécurité. »

Montée de la menace de terrorisme nucléaire

Il est également affirmé dans le rapport que le trafic de matières et de techniques nucléaires est un problème grave, persistant et aux aspects multiples. « Pourtant, le terrorisme nucléaire demeure une catastrophe évitable. »

La communauté internationale doit agir sous l’impulsion d’une « nouvelle urgence » pour stopper la multiplication des pays détenteurs de l’arme nucléaire, ont ajouté les membres de la commission. Ils ont également exhorté les États-Unis à prendre la tête des efforts d’endiguement de la prolifération des armes nucléaires et à protéger les matières nucléaires avant qu’elles ne tombent entre les mains de groupes terroristes, notamment en revitalisant le Traité de non-prolifération nucléaire.


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