dimanche 22 octobre 2017

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Pakistan : interdiction d’une organisation caritative suspectée d’être liée aux attentats de Mumbai

La Presse Canadienne

vendredi 12 décembre 2008, sélectionné par Spyworld

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Les autorités pakistanaises ont annoncé jeudi l’interdiction de Jamaat-ud-Dawa, oeuvre caritative liée au groupe radical Lashkar-e-Taiba (interdit) suspecté d’être à l’origine des attentats meurtrier de novembre à Mumbai (ex-Bombay) en Inde. La police a également arrêté le dirigeant de Jamaat-ud-Dawa, l’islamiste Hafiz Mohammed Saeed, et quatre autres hauts responsables de cette organisation dont la banque centrale pakistanaise a ordonné le gel des avoirs.

D’après le chef de la police de Lahore Pervez Rathor, les cinq responsables seront placés en résidence surveillée pendant trois mois. Il n’a pas précisé s’ils seraient inculpés. Le gouvernement pakistanais a officiellement "proscrit" Jamaat-ud-Dawa, a souligné la ministre de l’Information Sherry Rehman.

Un peu plus tôt, le Premier ministre pakistanais avait assuré qu’Islamabad "honorerait ses obligations internationales", après la décision d’un comité du Conseil de sécurité de l’ONU de désigner Jamaat-ud-Dawa comme une vitrine du groupe terroriste Lashkar-e-Taiba, une mesure en faisant de facto une organisation sujette à des sanctions, dont un gel des avoirs, une interdiction des déplacements et un embargo sur les armes.

Lashkar-e-Taiba a été interdit par le Pakistan en 2002 et il aurait refait surface, selon des responsables du renseignement, sous le nom de Jamaat-ud-Dawa. Ce dernier affirmait se consacrer à des actions caritatives et n’avoir rien à voir avec Laskhar e-Taiba. Pourtant, son chef Hafiz Mohammed Saeed était auparavant à la tête de Lashkar-e-Taiba.

Abdullah Muntazir, porte-parole de Jamaat-ud-Dawa, a qualifié la décision onusienne d’injuste. "Dans la mesure où il n’y a aucun mécanisme d’appel à l’ONU, nous porterons (cette) affaire devant le peuple du Pakistan", a-t-il dit sans indiquer si son groupe allait appeler à des protestations. "Si l’Inde ou les Etats-Unis ont une preuve quelconque contre Jamaat-ud-Dawa, nous sommes prêts" à y faire face "devant un tribunal", a de son côté déclaré Hafiz Mohammed Saeed lors d’une conférence de presse à Lahore (est), avant l’annonce de son arrestation.

Soumis à de fortes pressions pour coopérer pleinement dans l’enquête sur les attentats de Mumbai qui ont fait 171 morts, le Pakistan a arrêté une vingtaine de personnes, dont deux extrémistes considérés par l’Inde comme des acteurs clefs.

Les attaques ont accentué les tensions entre les deux puissances nucléaires voisines, que trois conflits ont opposées ces 60 dernières années. D’un côté, New Delhi a clairement fait comprendre qu’elle attendait d’Islamabad une intervention accrue. De l’autre, Islamabad s’est plaint que l’Inde ne partageait pas les preuves à sa disposition.

Jeudi, New Delhi a annoncé une vaste refonte de ses agences de sécurité et de renseignements, l’opinion publiqué ayant violemment dénoncé l’attitude des autorités face aux attentats de Mumbai.

Le gouvernement entend donc créer une agence nationale d’investigation s’apparentant au FBI américain ; renforcer la sécurité le long des côtes ; dispenser une meilleure formation aux forces de police ; durcir l’arsenal législatif antiterorriste et accroître le partage des renseignements. "Compte tenu de la nature de la menace, nous ne pouvons pas revenir aux affaires comme d’habitude", a observé le ministre de l’Intérieur Palaniappan Chidambaram.

L’Inde a appelé le Pakistan à lui remettre plus de 40 suspects, à savoir des individus soupçonnés dans le cadre de l’enquête sur les attentats de Mumbai ainsi que les auteurs présumés d’"autres crimes" commis précemment contre des objectifs indiens.

Mais le ministre indien des Affaires étrangères Pranab Mukherjee s’est abstenu jeudi de toute rhétorique belliqueuse devant le Parlement, affirmant qu’une guerre contre le Pakistan n’était "pas une solution" pour lutter contre les extrémistes.


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