mardi 17 octobre 2017

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La Belgique se bat pour ne pas être une base arrière du terrorisme

AFP

vendredi 12 décembre 2008, sélectionné par Spyworld

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La vague d’interpellations en Belgique de membres présumés d’Al-Qaïda, qui a débouché vendredi sur l’inculpation de cinq hommes et d’une femme, confirme le rôle de base arrière du terrorisme islamiste joué par le royaume, pourtant combattu depuis des années par les autorités.

Interpellée lors du coup de filet effectués jeudi à Bruxelles et Liège (est) et inculpée avec cinq hommes pour "appartenance à un groupement terroriste", Malika el-Aroud, 49 ans, est sans conteste le fil rouge reliant les différents dossiers ayant démontré ce rôle de plaque tournante de la Belgique depuis 2001, soulignait vendredi la presse belge.

Belge d’origine marocaine, portant en rue le niqab (un voile couvrant le visage, sauf les yeux), Malika el-Aroud s’est faite une réputation internationale sur les sites islamistes, en louant notamment "l’acte héroïque" de son premier mari, Abdessatar Dahmane, qui assassina le commandant Massoud, le chef de la lutte contre les talibans, le 9 septembre 2001.

En 2003, elle a comparu devant le tribunal correctionnel de Bruxelles chargé de juger la filière ayant acheminé les assassins de Massoud en Afghanistan et ayant aidé le Tunisien Nizar Trabelsi, désigné par Al-Qaïda pour commettre un attentat-suicide contre des soldats américains basés en Belgique.

Malika el-Aroud n’avait à l’époque été condamnée que d’un simple avertissement du tribunal.

Remariée à un Tunisien, Moez Garsallaoui, elle a continué à diffuser de la propagande jihadiste sur internet depuis la Suisse, d’où elle a été expulsée en 2007.

Interviewée par le Herald Tribune en mai dernier, Malika el-Aroud expliquait : "Ce n’est pas mon rôle de déclencher des bombes, c’est ridicule. J’ai une arme, c’est d’écrire. C’est mon jihad. Vous pouvez faire beaucoup de choses avec des mots. Ecrire est aussi une bombe".

Selon le parquet fédéral, elle joue donc aussi un "rôle important" dans la branche d’Al-Qaïda démantelée jeudi, tout comme son second mari, Moez Garsallaoui.

Ce dernier a selon les enquêteurs fait office d’agent de liaison dans la zone afghano-pakistanaise —où il serait toujours actuellement— entre des volontaires venus notamment de Belgique et des "personnalités importantes d’Al-Qaïda".

Le parquet fédéral, qui surveillait le groupe depuis un an, est convaincu que l’un de ces hommes, rentré en Belgique le 4 décembre, avait reçu le "feu vert" d’Al-Qaïda pour commettre à bref échéance un attentat-suicide.

Selon la presse belge, il s’agit d’Hicham Beyayo, 20 ans, originaire d’un quartier à forte population immigrée de Bruxelles.

L’intervention policière avait été précipitée par la tenue quelques heures plus tard d’un sommet européen dans la capitale belge, même si la police ne disposait pas de précisions sur le pays et la cible du possible attentat.

La préparation active d’un attentat n’a d’ailleurs pas été retenue pour l’instant contre les six personnes inculpées.

Le Premier ministre belge Yves Leterme a cependant indiqué vendredi que l’hypothèse d’une annulation du sommet avait "été sur la table" mais qu’en fin de compte, "cela n’avait jamais été nécessaire".

"Si après coup, sans avoir pris ces mesures de prévention, il y avait eu une attaque à la bombe ou un désastre, les gens auraient dit que tout n’avait pas été fait pour l’éviter", a-t-il dit pour justifier le coup de filet.

Les autorités judiciaires et politiques du royaume affirment que leur politique d’intervention préventive a probablement permis d’éviter un attentat à Bruxelles fin 2007. Elles comptent continuer sur cette voie afin d’éviter que la Belgique, épargnée jusqu’ici, ne devienne à son tour la cible d’attaques terroristes.


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