mercredi 18 octobre 2017

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Ismalisme radical : les filières afghanes de retour en France

Jean Chichizola , le Figaro

lundi 15 décembre 2008, sélectionné par Spyworld

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Démantelé jeudi par les polices belge et française, un groupe islamiste envoyait des volontaires en Afghanistan via la Turquie et l’Iran.

Sept ans après la chute des talibans, les filières afghanes envoyant de jeunes fanatiques vers le djihad sont de retour en France. Interpellé jeudi, à Gre­noble (Isère), par les policiers de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), un islamiste français doit être présenté lundi à un juge antiterroriste pour une éventuelle mise en examen. Un de ses contacts, interpellé également jeudi, à Amiens (Somme), pourrait, lui, être remis en liberté.

Les deux hommes auraient été en liaison, via Internet, avec un groupe radical démantelé jeudi en Belgique. Quatorze personnes ont été arrêtées à Bruxelles et à Liège, six d’entre elles ont été incarcérées et inculpées d’appartenance à une cellule terroriste liée à al-Qaida. Parmi eux, deux figures de la mouvance islamiste radicale européenne : Malika el-Aroud, veuve d’un kamikaze belge d’origine marocaine ayant assassiné le commandant Massoud le 9 septembre 2001, et son second mari, le Tunisien Moez Garsallaoui.

Paris et Bruxelles ont travaillé ensemble sur le dossier dans le cadre d’une équipe commune d’enquête. Après des mois de surveillance, les Belges, suivis par les Français, ont brusquement décidé d’intervenir après qu’un jeune de 20 ans, Hicham Beyayo, originaire d’Anderlecht et rentré d’Afghanistan le 4 décembre, a fait ses adieux à ses proches dans ce qui semble être une préparation au martyre.

Le Français d’origine maghrébine interpellé dans l’Isère connaîtrait tous les détails de ce réseau d’endoctrinement, de recrutement et d’acheminement de volontaires vers la zone pakistano-afghane. Un réseau qualifié de « très structuré » par un policier.

La Belgique comme plaque tournante

Dans ce schéma, la Belgique jouait le rôle de plaque tournante. Les djihadistes partaient ensuite pour la Turquie, pays de transit traditionnel, hier vers le Caucase ou l’Irak et aujourd’hui vers l’Afghanistan. Un des membres du groupe serait d’ailleurs détenu en Turquie après avoir été arrêté dans une affaire d’immigration clandestine. De source proche de l’enquête, les militants arrivaient ensuite dans la zone pakistano-afghane via l’Iran. Certains auraient rejoint les rangs des talibans pour participer aux combats contre les forces de la coalition, les étrangers venus des pays occidentaux ne constituant toutefois qu’une in­fime minorité des combattants.

D’autres volontaires ont rejoint les camps d’entraînement situés à la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan avant de repartir vers leurs pays d’origine. Au moins trois des membres du groupe neutralisé jeudi ont suivi ce parcours. Dans un contexte marqué par une intervention accrue de la France et de ses partenaires européens, et une multiplication des menaces délivrées par les islamistes radicaux, des miliciens de ce genre pourraient à tout moment décider de « punir » Paris ou ses alliés « croisés ».


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