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Le directeur de la CIA évoque les succès remportés contre le terrorisme

Jacquelyn Porth, America.gov

mardi 16 décembre 2008, sélectionné par Spyworld

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Le directeur de l’Agence centrale de renseignement (CIA), M. Michael Hayden, a récemment évoqué les succès remportés par la communauté internationale contre le terrorisme dans des régions clés du globe et la diminution du soutien dont jouit Al-Qaïda dans le monde.

Lors d’une allocution prononcée le 13 novembre devant le Conseil atlantique des États-Unis, un organisme dont le siège est à Washington, M. Hayden a affirmé que les États-Unis, en coopération avec des partenaires tels que l’Irak, l’Arabie saoudite, l’Indonésie et les Philippines, avaient considérablement réduit les capacités de nuisance de plusieurs groupes terroristes.

En Irak, par exemple, Al-Qaïda est sur le point de subir « une défaite stratégique », les flux d’argent, d’armes et de combattants étrangers dont elle a besoin ayant « fortement diminué ».

De plus, une branche opérationnelle d’Al-Qaïda en Arabie saoudite a quasiment été vaincue. Au cours des trois dernières années, l’Indonésie a réussi à détecter et à déjouer des complots terroristes grâce à ce qu’il a qualifié d’« action agressive par l’un de nos partenaires les plus efficaces de la lutte antiterroriste ». Les partenaires philippins, a dit M. Hayden, ont également maintenu la pression sur le groupe Abou-Sayef, limitant ainsi ses capacités d’action.

Si les zones tribales isolées de la frontière pakistano-afghane restent problématiques, des progrès y ont également été réalisés, a affirmé M. Hayden. De moins en moins de terroristes se réfugient dans le territoire des « Régions tribales fédéralement administrées ». Grâce à la coopération avec le gouvernement, l’armée et les milieux du renseignement du Pakistan, les réseaux terroristes ont perdu « nombre des responsables, commandants et combattants expérimentés et engagés » qui avaient planifié des attaques contre l’Europe et les États-Unis.

L’armée et le gouvernement pakistanais « méritent des félicitations pour l’actuelle campagne qu’ils mènent contre les extrémistes », a-t-il ajouté. « C’est surtout notre coopération avec nos alliés pakistanais, plus que toute autre au monde », qui a permis de tuer ou de capturer des chefs d’Al-Qaïda.

Il a cité d’autres raisons d’être optimiste à l’égard de la lutte contre le terrorisme : « Certains chefs religieux purs et durs s’expriment aujourd’hui contre les tactiques et l’idéologie d’Al-Qaïda. » M. Hayden a dit qu’en effet, les sondages révélaient un déclin du soutien à Al-Qaïda et à Oussama ben Laden dans les pays à majorité musulmane.

De plus en plus de musulmans « rejettent la violence aveugle et la vision tordue du monde prônées par Al-Qaïda ». Des personnalités crédibles, authentiques et influentes de l’islam s’expriment pour réfuter les idées qu’invoque Al-Qaïda afin de justifier le meurtre d’innocents, ainsi que son idéologie qui cherche à effacer la distinction entre les combattants et les non-combattants.

M. Hayden a ensuite fait l’éloge des efforts antiterroristes d’autres partenaires des États-Unis, notamment l’Arabie saoudite et l’Irak. Des activités de l’armée et des forces de l’ordre, et aussi des efforts déployés pour dépasser les conflits d’idées, ont entraîné des améliorations au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est. « J’ai toujours dit que le monde civilisé remporterait cette lutte lorsqu’il gagnerait la guerre des idées. »

Les prochaines étapes

Dans un proche avenir, les efforts de lutte contre Al-Qaïda vont continuer de se concentrer sur le Yémen, la Somalie et la frontière pakistano-afghane, a affirmé M. Hayden. Des renseignements laissent à penser que des vétérans des opérations en Irak se déploient dans d’autres régions, notamment en Afrique du Nord et dans la péninsule Arabe, à la recherche de nouvelles actions.

Si Al-Qaïda a subi de graves revers en Irak, en Afghanistan et au Pakistan, « elle demeure résolue et s’adapte facilement. Al-Qaïda demeure la menace la plus dangereuse qui pèse sur nous. »

Il est en outre d’avis que sa base d’opérations située à la frontière pakistano-afghane demeure « le principal facteur de la survie de ce groupe et de sa capacité de menacer l’Occident ». Ces zones tribales isolées abritent depuis longtemps le financement, le recrutement, la formation et la planification des activités terroristes, a-t-il rappelé.

Si les activités d’Al-Qaïda dans les régions tribales n’atteignent pas le niveau qu’elles avaient autrefois en Afghanistan, les récents efforts de déstabilisation du Pakistan sont inquiétants.

L’armée pakistanaise lutte contre les extrémistes « énergiquement et avec un succès considérable depuis le début d’août », a affirmé M. Hayden. Les Pakistanais ont lancé une opération impliquant plusieurs brigades dans la région tribale de Bajaur et, s’ils ont subi des pertes, « ils ont décimé les rangs de notre ennemi commun ».

Mais chaque fois qu’Al-Qaïda subit un coup, ses chefs la reconstituent. « Ils sont constamment à la recherche de moyens de réparer leurs pertes, d’étendre leur influence, de saisir toutes les chances qui s’offrent à eux, et nous en constatons le résultat (…) en Somalie et au Yémen. »

Le Yémen a en effet connu un nombre sans précédent d’attaques en 2008, deux d’entre elles ayant visé l’ambassade des États-Unis. La sophistication des attaques et l’éventail des cibles ne cessent de s’agrandir. Comme ailleurs, a dit M. Hayden, les cellules terroristes ont leur base dans des « régions isolées où le gouvernement a très peu d’autorité ».

Le fait qu’Al-Qaïda ne peut se renforcer que dans des zones isolées et non gouvernées montre qu’elle ne peut survire qu’hors de portée de la civilisation et de la règle de droit.

Gérer la transition

M. Hayden pourrait conserver son poste de directeur de la CIA dans le gouvernement Obama, mais souvent, le nouveau président nomme son propre directeur. À la question de savoir s’il avait envie de conserver son poste - qui comprend la conduite de briefings quotidiens du président à la Maison-Blanche - il a répondu qu’il ferait selon le bon plaisir du président, et qu’il envisagerait de rester si on le lui demandait.

Étant donné que c’est la première fois depuis quarante ans que la transition s’opère en temps de guerre, certains responsables songent à garder des personnes nommées par le président Bush, au moins temporairement, de façon que le transfert du pouvoir se passe avec le moins de heurts possible.

M. Hayden a précisé que des membres du gouvernement Bush avaient reçu l’ordre « de faire de cette transition la plus facile de l’histoire ». Les États-Unis étant sur le pied de guerre et Al-Qaïda ayant diffusé des propos importants sur le président élu Barack Obama sur l’Internet, on fait le maximum pour que la nouvelle équipe soit prête à faire face à toute urgence le plus rapidement possible « afin que rien ne diminue la capacité de la République de se défendre ».


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