lundi 18 décembre 2017

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Des spécialistes du terrorisme islamiste dubitatifs après la découverte d’explosifs au Printemps Haussmann

AP

mardi 16 décembre 2008, sélectionné par Spyworld

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Des spécialistes des questions de terrorisme islamiste ont exprimé leur "surprise" mardi après le dépôt de bâtons de dynamite au Printemps Haussmann revendiqué par un groupe inconnu, le Front révolutionnaire afghan. A leurs yeux, ni le texte de revendication ni le mode opératoire ne correspondent au terrorisme islamiste.

"Un texte de revendication islamiste commence par les sourates du Coran", a souligné un ancien magistrat antiterroriste sous couvert de l’anonymat joint par l’Associated Press. Par ailleurs, "il n’y a jamais eu de revendication islamiste sans référence religieuse solide. Il existe une réelle phraséologie politico-religieuse", a-t-il ajouté.

La revendication envoyée mardi à l’Agence France Presse, demande le retrait des troupes françaises d’Afghanistan avant fin février et conclut par la formule : "vive l’Afghanistan libre". "Ça fait plus ’Québec libre’, ça ne colle pas du tout", estime encore ce spécialiste des dossiers islamistes. "Al-Qaïda revendique via internet ou chaîne de télévision", souligne aussi Louis Caprioli, ancien numéro deux de la DST, aujourd’hui conseiller spécial du président de GEOS, société européenne de management du risque.

"La notion de liberté d’un pays n’existe pas chez les groupes islamistes. Ils ne font jamais référence à un Etat, mais à l’ouma, la communauté des musulmans", explique aussi l’ancien magistrat. Pour Louis Caprioli, le texte de revendication est plus proche de la "terminologie marxiste" que du terrorisme islamiste. "C’est complètement atypique", a-t-il déclaré à l’Associated Press. "La référence au capitalisme fait penser à la crise actuelle".

Le mode opératoire, le dépôt d’explosifs qui ne pouvaient pas fonctionner surprennent également les connaisseurs. "Les islamistes doivent prévenir, comme ils l’avaient fait en 1995 en demandant la conversion à l’islam de Jacques Chirac. Mais ils n’ont jamais fait de projet d’attentat pour prévenir, ils font un communiqué", souligne l’ancien magistrat qui précise que "les islamistes font ou ne font pas. Le faux attentat, c’est plutôt un mode opératoire corse, les Corses faisaient beaucoup ça il y a dix ans".

"Les terroristes commettent des attentats pour attirer l’attention, là il n’y a pas de système de mise à feu", constate Louis Caprioli, rappelant cependant que "l’économie est l’un des objectifs des terroristes". Cibler les grands magasins durant la période de fêtes crée une inquiétude. Psychologiquement ou économiquement, cela peut avoir des conséquences importantes".

C’est enfin l’utilisation de dynamite qui suscite la suspicion des spécialistes. "A Madrid, il y avait de vrais explosifs, mais sinon les islamistes travaillent avec des explosifs artisanaux", note l’ex-magistrat. "Dans les années 70, les organisations terroristes du Moyen-Orient utilisaient un explosif militaire, les explosifs utilisés par Al-Qaïda sont différents", insiste Louis Caprioli.

"Les terroristes modernes n’utilisent pas ces moyens-là", ajoute l’ancien policier qui se demande si on n’est pas face à un "mouvement en gestation ou un individu seul". Et de conclure : "il reste un gros travail de police scientifique pour faire parler la dynamite, d’où vient-elle, quand a-t-elle été fabriquée, en France ou à l’étranger ?".


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