dimanche 17 décembre 2017

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Printemps : « La piste islamiste n’est pas la piste première »

Jérôme Bouin, le Figaro, avec AFP

mercredi 17 décembre 2008, sélectionné par Spyworld

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Si les autorités françaises insistent sur la nécessaire prudence à adopter, elles doutent de l’origine islamiste de la mystérieuse revendication qui a suivi le dépôt d’explosifs dans le magasin parisien.

Au lendemain de la découverte d’explosifs dans un grand magasin parisien, les investigations se poursuivent pour tenter d’identifier les auteurs de ce geste. Et au moment d’évaluer le degré de la menace que représente la revendication au nom d’un mystérieux Front révolutionnaire afghan, les autorités françaises insistent sur la nécessaire prudence à adopter dans ce genre de situation.

S’appuyant sur le texte reçu mardi matin par l’Agence France-Presse, peu avant la découverte des explosifs, le ministre de la Défense Hervé Morin a aussi jugé mercredi matin sur RTL que « la phraséologie, la dialectique (n’était) pas la dialectique des mouvements terroristes islamistes. Le mot ‘révolutionnaire’ figurant dans le nom du groupe, le mot ‘capitaliste’ pour désigner les magasins, l’absence de référence à l’islam, au djihad font qu’en effet la piste islamiste en tant que telle n’est pas la piste première », a expliqué Hervé Morin. Le ministre de Défense a toutefois ajouté que la prudence restait de mise. « Il ne faut absolument rien négliger par nature. Il nous faut être vigilants, déterminés, prudents mais aussi avoir la fermeté nécessaire », a-t-il dit.

La veille, la ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, avait expliqué que le « FRA » « ne faisait référence à aucune organisation qui soit répertoriée par les services de renseignement, qu’il s’agisse de la DCRI ou de la DGSE ». Elle avait aussi souligné la nécessité de « se méfier des indications qui étaient dans la lettre de revendication, susceptibles d’orienter les enquêteurs vers de fausses pistes ». Nicolas Sarkozy avait quant à lui « appelé chacun à être très prudent et très modéré ».

« Extrémistes de droite ou de gauche »

Sur la même ligne, un ancien juge anti-terroriste a relevé mardi auprès de l’AFP que « les éléments de revendication ne correspond(aient) pas aux revendications habituelles des groupes islamistes ». D’autres spécialistes voyaient dans cette affaire un changement de méthode des terroristes islamistes ou un camouflage des véritables auteurs. « Toutes les hypothèses, notamment celle d’une affaire privée ou d’une provocation émanant d’extrémistes de droite ou de gauche, sont explorées », confiait mardi un policier de haut rang au Figaro. Interrogé par l’agence Associated Press, l’ancien numéro deux de la DST, Louis Caprioli, aujourd’hui conseiller du président de Geos, société de prévention et de gestion de risques, considère le texte revendicatif plus proche de la « terminologie marxiste révolutionnaire » que de la prose islamiste. Autre élément troublant, contrairement à ce qui s’est passé mardi, les islamistes n’ont pas l’habitude de prévenir avant de frapper.

Pourtant, Farhad Khosrokhavar, un spécialiste de l’islam radical interrogé par Le Parisien-Aujourd’hui en France, ne souhaite pas exclure l’existence du FRA qui pourrait être un « groupe d’extrême-gauche qui se dissimule sous ce nom pour mettre fin à la présence française en Afghanistan ». Autre piste évoquée par ce même spécialiste, celle d’un « groupe minoritaire laïque, résidu des groupes communistes afghans en exil en France », partisan là encore d’un retrait des troupes françaises.

La section antiterroriste du parquet de Paris et celle de la Brigade criminelle ont été saisies de l’enquête. Le laboratoire central de la Préfecture de police est chargé d’analyser l’explosif retrouvé. Les bandes de vidéosurveillance du magasin doivent êtres vérifiées.

Mercredi, Michèle Alliot-Marie doit présider au ministère de l’Intérieur une réunion avec des responsables de la police, de la gendarmerie, des services de renseignements, de la RATP, de la SNCF, des Aéroports de Paris et des grands magasins. 500 policiers supplémentaires vont être mobilisés pour renforcer la sécurité à Paris et en province.

 » Paris : des explosifs découverts au Printemps

 » DOCUMENT - La lettre du « Front révolutionnaire afghan »


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