mercredi 13 décembre 2017

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Simulation d’attaques terroristes en France

Jean-Marc Leclerc, le Figaro

lundi 22 décembre 2008, sélectionné par Spyworld

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Un exercice virtuel reprenant lundi le mode des attaques de Bombay doit permettre de tester simultanément à Paris, Marseille et Lyon la réactivité des forces de sécurité face à la diversité des risques.

Michèle Alliot-Marie devrait dé­ployer les grands moyens lundi matin lors d’un exercice antiterroriste inspiré des attaques de Bombay. Elle a fait équiper une salle de son ministère de moyens de télé­transmission dernier cri. Plusieurs pseudo-explosions et prises ­d’ota­ges seront traitées simultanément sur l’ensemble du territoire lors de cet exercice purement virtuel sans engagement des forces de l’ordre sur le terrain. Sont mobilisés sur le papier l’Antigang, le Raid, le GIGN, les Groupes d’intervention de la police nationale, appuyés par les pompiers et les CRS.

À Paris, l’hypothétique ennemi doit s’en prendre à des clients de l’hôtel de Crillon, au personnel d’une tour de la Défense. Des bombes fictives doivent exploser gare Montparnasse, ainsi qu’au Palais de congrès. Pour pimenter le scénario, des pirates sont censés prendre le contrôle d’un avion au Bourget, tandis qu’un attentat viserait la gare Saint-Charles à Marseille et qu’un commando séquestrerait des civils dans la tour du Crédit lyonnais, à Lyon.

Ce test, programmé il y a plusieurs semaines, prend évidemment un relief particulier dans la capitale depuis l’alerte terroriste au Printemps-Haussmann mardi dernier. Car il règne à Paris une étrange atmosphère. Les grands magasins y sont manifestement moins fréquentés qu’avant. L’enquête sur le mystérieux « Front révolutionnaire afghan », qui a revendiqué cet acte, pourrait d’ailleurs se révéler plus longue que prévu.

Les mesures de sécurité qu’impose cette découverte d’explosif se mettent peu à peu en place. Le stationnement a ainsi été rendu plus difficile dans les secteurs de forte affluence. Et pas seulement dans la capitale. À Marseille, Lille, Lyon, Bordeaux et dans plusieurs autres métropoles régionales, des dispositions ont été prises pour limiter les risques d’attentats.

Supercouverture policière

Mais Paris vit une situation à part. La Préfecture de police y est mobilisée tous azimuts : du mouvement lycéen aux violences des hooligans, en passant par la ­gestion des départs en vacances. La consommation d’effectifs de ­forces mobiles y atteint des sommets, avec pas moins d’une vingtaine d’unités requises certains soirs en Ile-de-France, comme au temps de la grogne violente contre le CPE.

Phénomène nouveau : les bandes de la capitale règlent leurs comptes entre elles, comme en atteste la mort jeudi soir d’un jeune homme dans le XVe arrondissement. Ce n’est plus seulement la banlieue qui y effectue des raids. Paris, qui doit désormais faire face à des feux de voitures à chaque fin d’année, n’est plus un sanctuaire.

Le ministère de l’Intérieur veut donc resserrer les rangs. « La fin de l’année sera difficile », pronostique un haut fonctionnaire de la Place Beauvau. Menace terroriste, tensions sociales, réveil des bandes, tout s’additionne. La supercouverture policière de la capitale, déjà en place depuis plusieurs semaines, n’a pas empêché un anonyme de déposer des explosifs dans les toilettes d’un magasin pourtant hautement sécurisé. Si son objectif était d’effectuer cette simple démonstration, il a parfaitement réussi.


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