dimanche 17 décembre 2017

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Afghanistan : les drones, anges gardiens du contingent français

AFP

vendredi 26 décembre 2008, sélectionné par Spyworld

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"Big brothers" du ciel avec leurs caméras haute résolution, les huit drones déployés par la France en Afghanistan sont devenus les anges gardiens des troupes françaises dans leur combat contre les insurgés.

"Quand nous sommes isolés, la nuit, et que nous entendons le ronronnement de leurs moteurs, nous savons que nous ne sommes pas seuls, que quelqu’un nous regarde", se rassure un soldat.

Tirant les "enseignements" de l’embuscade d’Uzbeen qui avait fait dix morts parmi les fantassins français le 18 août dernier, le Premier ministre François Fillon avait solennellement annoncé le déploiement de ces avions sans pilote un mois plus tard à la tribune de l’Assemblée nationale.

De crainte qu’ils ne deviennent une cible des rebelles, leur localisation précise dans l’est de l’Afghanistan, où ils ont été mis en service le 9 novembre, reste un secret.

Désormais, pas une opération d’envergure qui ne soit précédée, accompagnée, voire suivie, d’un survol de drones, dont les images sont exploitées en temps réel à partir des stations déployées sur le sol afghan par les analystes du 61e régiment d’artillerie de Chaumont-Semoutiers (est de la France), selon l’armée.

Les drones SDTI (Système de drones tactiques intérimaire) sont de petits avions télécommandés de quatre mètres d’envergure et 3,5 mètres de long, propulsés par un moteur d’ULM et capables de voler jusqu’à cinq heures d’affilée à 200 km/h en vitesse de croisière.

Leurs deux caméras, l’une "normale" pour le jour et l’autre, infra-rouge et sensible à la chaleur, sont disposées dans une sphère, orientable sur 360 degrés et parfaitement stabilisée. Une troisième caméra, fixée dans le nez de l’appareil, est destinée à son pilotage.

Rien n’échappe à ces avions sans pilote, assurent les militaires français : la préparation d’une embuscade, les déplacements de véhicules et leur identification, des mouvements et des regroupements d’insurgés, de jour comme de nuit, le déploiement d’armes et de matériels...

"Nos drones sont en mesure de détecter un objectif, conduire un tir d’artillerie ou un appui aérien par des avions de chasse et réaliser l’évaluation des dommages", souligne le capitaine Sébastien X. (l’anonymat est requis pour des raisons de sécurité), à la tête d’un détachement d’une cinquantaine de spécialistes.

Le système exige le déploiement d’une quinzaine de poids lourds : poste de pilotage, station d’émission-réception, rampe de lancement, camion grue, ateliers de maintenance, etc. Il est complémentaire des appareils de reconnaissance de la coalition et d’autres drones, britanniques, canadiens ou américains, tels les fameux Predator, expliquent les spécialistes français.

"Piloter un drone, c’est un peu comme conduire une voiture radio-commandée mais sans la voir, et sans les sensations d’un pilote aux commandes de son appareil", poursuit le chef du détachement devant le pupitre de pilotage, qui ne comporte pas de manette de direction, mais quatre potentiomètres afin de régler l’altitude ou le cap, à la manière du pilote automatique d’un avion.

Les drones décollent, propulsés en quelques fractions de seconde à 160 km/h par une catapulte de 20 mètres de long, comme un avion de chasse sur le pont d’un porte-avions.

L’atterrissage, semblable à celui d’une capsule spatiale, s’effectue selon une séquence automatique : une trappe est éjectée, libérant un parachute. Trois airbags, gonflés sous les ailes et le nez de l’appareil, amortissent ensuite l’impact au sol.

"A l’heure actuelle, je ne conçois pas que l’on puisse se passer de drones", estime le capitaine, en soulignant que ses hommes ne font pas voler ces appareils "pour se faire plaisir, mais pour leurs camarades qui se battent au sol".


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