lundi 23 octobre 2017

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Un capitaine de gendarmerie lillois diplômé de l’université du FBI, aux USA

Arnaud Dufresne, la Voix du Nord

mardi 30 décembre 2008, sélectionné par Spyworld

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Le capitaine Olivier Leblanc, commandant en second de la section de recherches de la gendarmerie de Lille (équivalent de la PJ), revient d’une formation de trois mois à la FBI National Academy, à Quantico, aux États-Unis.

Vous étiez à la 235e formation du FBI entre septembre et décembre. Pourquoi ?

« Chaque formation accueille deux cent cinquante Américains et entre vingt et trente chefs de services étrangers. Cette année, pour cette session, j’étais le seul Français. On a choisi la gendarmerie, il fallait quelqu’un qui ait une vision de la délinquance de proximité, de la police judiciaire et de la criminalité organisée. »

Qu’est-ce qui vous a frappé en arrivant ?

« Ce sont les moyens logistiques du FBI. Il y a mille stagiaires en même temps, les cours sont projetés sur des écrans numériques géants, les enseignants sont des policiers du FBI avec des spécialités. Nous vivons dans une ambiance d’entraide et de camaraderie exceptionnelle. J’ai été accueilli, en tant que Français, de façon très positive. »

Qu’est-ce qui caractérise la police américaine ?

« Elle travaille sur des territoires immenses regroupant trois cents millions d’habitants, où les armes sont en vente libre et où les policiers peuvent tirer dès qu’ils voient un suspect armé. À New York, par exemple, on compte quatre mille crimes et délits par jour. Les moyens, surtout en matière de police technique et scientifique, sont énormes et tels que ceux que l’on présente dans les films. Les polices municipales ont les mêmes missions que la police urbaine en France. Les shériffs couvrent les zones rurales. Les états ont leur police et, au-dessus, on compte une quinzaine d’agences fédérales, dont le FBI, qui se sont beaucoup rapprochées avec l’électrochoc du 11 Septembre. La police américaine est une mosaïque de polices : environ 18 000 forces (les municipales incluses), avec chacune ses moyens, sa réglementation, etc. Quand j’ai expliqué qu’en France, il y a la police et la gendarmerie, ils ne comprenaient pas. Mais notre concept de police civile avec un statut militaire les a beaucoup intéressés. »

Que retenez-vous de cette formation ?

« Leur procédure pénale est plus simple. Le commandement à l’anglo-saxonne se rapproche du management dans le secteur privé. Mais en matière de lutte contre la cybercriminalité informatique, ils sont très proches de nous, avec des logiciels spécifiques que je ramène pour notre propre brigade. Je travaille aussi sur leurs méthodes d’analyse grammaticale des interrogatoires. Mais l’intérêt numéro un de cette formation, c’est le tissu relationnel. Je rapporte des contacts au FBI dans chaque état des USA, et ceux de policiers de différents pays qu’on pourra utiliser. On a beaucoup d’enquêtes en lien avec les pays de l’Est sur la criminalité informatique (fishing), ou les pays du Nord et le Maroc pour les stupéfiants. C’est une expérience professionnelle et humaine exceptionnelle. »

La section de recherches de Lille (qui enquête sur Notre-Dame de Lorette) dispose désormais d’un gendarme formé au FBI.


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