vendredi 20 octobre 2017

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Les humbles voeux de Sarkozy aux Armées

Romain Rosso, Lexpress.fr

mardi 6 janvier 2009, sélectionné par Spyworld

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Pour la première fois, le président de la République a prononcé ses voeux aux Armées hors du territoire national, au Liban. Seule véritable annonce : le réexamen des opérations extérieures, dont le coût ne cesse d’augmenter chaque année.

« Quand je vous dis que [les dix soldats morts en Afghanistan] resteront à jamais gravé dans ma mémoire, je vous demande de me croire. » C’est avec un ton humble que le président de la République a débuté ses voeux aux armées, mardi 6 janvier, à At Tiri, au Sud Liban, les premiers qu’un chef de l’Etat prononce dans une opération extérieure.

A chaque occasion, depuis l’embuscade de la vallée d’Uzbin, le 18 août, Nicolas Sarkozy ne manque jamais de manifester son empathie avec les militaires et de louer leurs qualités. Fini le temps où, à ses yeux, ces derniers étaient des « amateurs ». Ainsi les avaient-ils qualifiés, en juillet dernier, après l’affaire de la fusillade de Carcassonne, lors d’une démonstration ouverte au public. Devant quelque 600 militaires de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul), le chef des armées, juché sur une estrade, a témoigné « sa fierté » devant le « professionnalisme » des 13 000 hommes et femmes actuellement déployés à l’étranger qui « donnent leurs vies pour des valeurs essentielles ». Evoquant les morts d’Uzbin, le président a renchérit : « Non, ces hommes n’étaient pas des victimes, mais des combattants. » Il s’est dit conscient qu’« être soldat n’est pas un métier comme les autres ». Derrière lui, un immense drapeau français avait été hissé sur une grue.

Nicolas Sarkozy a ensuite tenu à rassurer les troupes, après les décisions qu’il a prises en 2008, qui se traduisent par une cure d’amaigrissement des armées _83 fermetures de casernes et de bases aériennes et la suppression de 54 000 postes d’ici six à sept ans. Adopté l’an dernier, un Livre blanc sur la défense et sur la sécurité nationale a également redéfini les priorités stratégiques de la France pour les quinze ans qui viennent. « Il en allait de notre crédibilité », a-t-il justifié, afin d’affronter les périls de demain. Cette réforme « historique » a été formalisée dans une loi de programmation militaire qui doit être prochainement votée par le Parlement. Dans sa première phase, qui va de 2009 à 2014, le président a promis un effort particulier en faveur des équipements, notamment les moyens de combat terrestres et de renseignement (brouilleurs, surprotection pour les véhicules blindés, drones).

Seule véritable annonce : Nicolas Sarkozy a dit qu’il allait réexaminer les opérations extérieures, dont le coût ne cesse d’augmenter chaque année : il pourrait atteindre un milliard d’euros en 2009. « Je veux être certain que chaque soldat français aujourd’hui engagé en opération extérieure l’est bien conformément aux intérêts du pays. (...) Il ne s’agit pas de maintenir le déploiement extérieur de nos forces au delà de ce qui est nécessaire, au delà de ce qui est utile », a expliqué le chef de l’Etat. La France est présente dans une trentaine d’opérations. Certaines seront réduites, d’autres devront carrément fermer. En réalité, les choix ont déjà été faits, lors d’un récent conseil restreint. Le Premier ministre les annoncera à l’occasion d’un débat au Parlement, qui pourrait avoir lieu à la fin de janvier ou courant février.


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