vendredi 15 décembre 2017

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Obama veut changer les méthodes de la CIA

Leparisien.fr, avec AFP

mercredi 7 janvier 2009, sélectionné par Spyworld

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Le président élu américain Barack Obama compte charger le prochain directeur de la CIA de mettre fin aux méthodes controversées de l’agence de renseignement en matière de lutte antiterroriste, tout en prenant le soin d’éviter une « chasse aux sorcières ». Selon des sources démocrates, c’est Leon Panetta, 70 ans, ancien proche collaborateur de Bill Clinton, qui va être désigné à la tête de la CIA.

Le président élu, qui pourrait officialiser sa décision mercredi, a cherché mardi à justifier ses choix. « Vous allez découvrir une équipe déterminée à mettre fin aux anciennes pratiques et aux problèmes qui ont terni l’image des services de renseignement et de la politique étrangère américaine », a fait valoir Barack Obama.

Des pratiques assimilées à la torture

Au nom de la guerre contre le terrorisme lancée après le 11-Septembre par le président George W. Bush, la CIA a reconnu avoir eu recours à la simulation de noyade pour interroger certains suspects, une pratique généralement considérée comme de la torture. L’agence a également admis avoir envoyé des détenus subir des interrogatoires dans des pays réputés pratiquer la torture, ou encore les avoir enfermés dans des prisons secrètes. Certains défenseurs des droits de l’homme appellent à la création d’une « commission de la vérité » pour juger ces pratiques.

Barack Obama a dependant mis en garde mardi contre la tentation d’une « chasse aux sorcières », en soulignant que les services américains de renseignement comptaient des professionnels « remarquables ». Ses déclarations sonnent comme une justification à la désignation à la CIA d’un homme sans expérience en matière de renseignement ,à l’heure où Washington est engagé dans deux guerres et continue de se battre contre Al-Qaïda.

Le choix de Panetta déjà discuté

Le choix de Leon Panetta provoque déjà des remous à Washington. « Ma position a toujours été que la CIA est mieux servie par un professionnel du renseignement », avait déclaré lundi la sénatrice démocrate Dianne Feinstein (Californie) qui doit présider la Commission des renseignements du Sénat. Elle s’est toutefois radoucie mardi après une conversation avec le futur président. « J’ai hâte de parler à M. Panetta des problèmes critiques auxquels le renseignement est confronté et de ses projets pour y remédier ».

Face à ces critiques, le président élu a loué les qualités de l’ancien secrétaire général de Bill Clinton à la Maison Blanche, qui enseigne aujourd’hui la politique publique à l’Université de Santa Clara (Californie). Sous Bill Clinton, a fait valoir Barack Obama, « il était profondément impliqué dans les affaires internationales, la gestion de crise, et devait évaluer quotidiennement les rapports du renseignement ».

« Le choix d’une personne extérieure donne la perception d’une rupture nette avec les controverses des dernières années, estime de son côté Paul Pillar, un ancien haut responsable de la CIA. Il s’agit d’inspirer confiance au public, d’être fidèle au thème du changement ».

La CIA a déjà été dirigée par des non-spécialistes : Georges Bush père sous la présidence de Gerald Ford, John Deutch sous Clinton. Quoiqu’il en soit, la désignation d’un membre de la CIA aurait également suscité la polémique. Un temps favori, John Brennan, membre de l’équipe de transition de Barack Obama et ancien de la CIA, avait été écarté en raison de son implication dans le programme contesté de détention et d’interrogation de l’Agence.


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