jeudi 14 décembre 2017

Accueil du site > Renseignement > France > La police judiciaire réorganise en profondeur ses structures

La police judiciaire réorganise en profondeur ses structures

Piotr Smolar, le Monde

vendredi 28 octobre 2005, sélectionné par Spyworld

logo

La direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) va faire peau neuve. Le ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy, a reçu récemment les propositions de sa directrice, Martine Monteil, qui souhaite revoir l’organisation des offices placés sous son autorité. Dans son plan de réforme, qui sera examiné en comité technique paritaire dans les prochaines semaines, Mme Monteil envisage de redécouper la DCPJ en quatre sous-directions : la police technique et scientifique, la logistique, la lutte contre le crime organisé et la délinquance financière et ­ grande nouveauté ­ une sous-direction chargée du terrorisme.

La directrice de la police judiciaire veut mettre fin à deux anomalies relevées depuis sa nomination, en octobre 2004. La première est le morcellement des offices, leur tendance à travailler sans concertation. "Mieux vaut moins d’offices, mais avec davantage d’effectifs, explique-t-on à la DCPJ. Il faut trouver une dynamique nouvelle face à l’évolution de la criminalité, qui ne peut plus être vue par la petite lorgnette française."

Conséquence : l’Office central de répression du banditisme (OCRB), celui des personnes recherchées ou en fuite et celui de la répression du trafic d’armes (OCRTAEMS) devraient disparaître et se fondre dans la nouvelle division de lutte contre le crime organisé (OCLCO). Autre innovation : les deux anciennes sous-directions des affaires criminelles et des affaires économiques et financières vont être réunies sous la même autorité, afin de rendre systématique leur coopération. Un effort dans le domaine de la documentation devrait aussi être accompli. La disparition de l’unité de coordination et de recherche antimafia (UCRAM), qui ne s’est jamais signalée par son activité, va provoquer le transfert de ses données à la DCPJ.

La seconde anomalie était le rôle de figuration auquel a été réduite la division nationale antiterroriste (DNAT) au fil des ans dans la lutte contre le terrorisme islamiste. La DNAT a souffert à la fois de la relation privilégiée entretenue par les magistrats antiterroristes de la galerie Saint-Eloi (au Palais de justice) avec la direction de la surveillance du territoire (DST) ­ destinataire de la quasi-totalité des commissions rogatoires ­ et des affrontements internes dans la police judiciaire.

Aujourd’hui, la DNAT s’efforce de reprendre sa place. Ses effectifs ont été renforcés. Une trentaine de policiers travaillent sur les dossiers islamistes. La nouvelle sous-direction du terrorisme aura trois divisions : une chargée de l’islam radical, une deuxième de la lutte contre le séparatisme basque et corse et une troisième dite de logistique opérationnelle, apte à venir en soutien dans le domaine de l’investigation financière. La sous-direction s’installera en 2006 dans les mêmes locaux que les renseignements généraux et la DST, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine).


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :