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Le principe du passeport biométrique validé par les députés européens

Vincent Delfau, Réseaux & Télécoms

vendredi 16 janvier 2009, sélectionné par Spyworld

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Les députés européens donnent leur feu vert à la mise en circulation des passeports biométriques. Hier, les élus du Parlement européen ont approuvé à une large majorité une réglementation autorisant l’inclusion d’un support de stockage numérique dans les passeports des ressortissants des 27 Etats membres. Une photographie et deux empreintes digitales y figureront.

L’idée de créer des passeports biométriques s’est imposée après les attentats du 11 septembre 2001. Les partisans de l’apposition des empreintes digitales arguent que celles-ci contribueront à renforcer la sécurité aux frontières, en compliquant la tâche des personnes malintentionnées désireuses de voyager avec un titre falsifié ou volé.

Mais cette nouvelle génération de passeports suscite également les craintes des tenants des libertés individuelles. Ils redoutent en premier lieu la création d’un fichier qui recenserait les empreintes digitales de toute la population. Ils s’effraient ensuite de ce que le recours à la biométrie ne produise les effets inverses de ce pour quoi il est pensé. « Il existe un risque que les policiers aux frontières se reposent trop sur la technologie aux dépens des techniques traditionnelles d’identification », explique ainsi le chercheur en sécurité Richard Clayton, de l’Université de Cambridge.

Une inviolabilité qui reste à prouver

« Avec les passeports actuels, les agents des frontières examinent attentivement les visages des voyageurs. Si, avec un passeport biométrique, la correspondance est établie entre les empreintes digitales stockées sur le document et celles de celui qui s’en prétend le titulaire, il existe alors un risque de voir les éléments ’humains’ laissés de côté, comme le comportement des individus, qui semblent par exemple agités ou nerveux », poursuit l’universitaire. Par ailleurs, ajoute-t-il, les empreintes digitales ne constituent pas un élément d’identification infaillible, et risquent donc de poser de sérieux problèmes en cas de faux positif. En 2004, après les attentats de Madrid, un juriste américain, Brandon Mayfield, avait fait les frais de ces erreurs potentielles : ses empreintes correspondaient à celles d’un terroriste suspecté. Il aura fallu attendre que la malheureuse coïncidence soit attestée pour que l’homme soit libéré de prison.

En outre, les éléments numériques des passeports stockant des données biométriques ne semblent pas si infaillibles que leurs défenseurs l’affirment. Il n’est qu’à se pencher sur l’exemple des passeports britanniques : cet été, le quotidien The Times a démontré combien il était simple de modifier le contenu de la puce via un système conçu par un expert néerlandais.

En ce qui concerne les enfants, les députés européens ont repoussé une proposition de la Commission. Les bambins de moins de douze ans n’auront donc pas l’obligation d’apposer leurs empreintes dactyloscopiques sur leur passeport. Ils ne pourront cependant plus figurer sur le document de leurs parents.

Enfin, les personnes dépourvues de mains - et donc d’empreintes - ne seront pas tenues de posséder un passeport biométrique. Elles devront être munies de passeports provisoires, renouvelables tous les ans, si elles souhaitent voyager au-delà de l’espace Schengen.


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