vendredi 20 octobre 2017

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Le "Dupuy-de-Lôme", grande oreille de la Royale

Laurent Zecchini, le Monde

samedi 29 octobre 2005, sélectionné par Spyworld

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Le navire-espion de la Direction du renseignement militaire (DRM) a ouvert, et vite refermé, ses coursives. Le "navire scientifique", que la Compagnie nationale de navigation s’apprête à remettre au ministère de la défense, est à quai dans une zone sous haute surveillance du port de Toulon. C’est un bâtiment tout blanc de 101 mètres de long dont le pont est surmonté de deux gros radômes et d’un large mât dissimulant des antennes. Suivie d’une flopée d’amiraux et de civils peu loquaces, Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense, en a admiré la dunette et une salle ou deux, vendredi 28 octobre.

Le Dupuy-de-Lôme, qui sera pleinement opérationnel en juillet, est le navire "collecteur de renseignements" que la marine nationale attendait "avec impatience", a dit son chef d’état-major, l’amiral Alain Oudot de Dainville. Ce navire-espion donnera en effet à la DRM et à la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) un moyen d’écoute ultramoderne dédié au renseignement stratégique et à la lutte antiterroriste, en remplacement du Bougainville.

Il va permettre l’interception, la goniométrie et l’analyse des signaux électromagnétiques relatifs aux communications modernes dans toutes les gammes de fréquence ainsi que des communications relayées par satellite. Avec un équipage limité à 30 personnes, il pourra accueillir 80 spécialistes du renseignement et sera capable d’une autonomie de 70 jours à la mer. A cette merveille de technologie qui a coûté quelque 120 millions d’euros, il sera demandé d’être opérationnelle au moins 350 jours par an.

Mme Alliot-Marie et ses amiraux ont profité de l’occasion pour rendre visite, sur la presqu’île de Saint-Mandrier, au commando Hubert et à ses 110 nageurs de combat, spécialistes de l’action sous-marine et, parfois, de l’arraisonnement de navires, comme ce fut le cas, fin septembre, pour le Pascal-Paoli de la SNCM. Avec les quelque 350 hommes des commandos de Penfentenyo, de Montfort et des commandos Jaubert et Trepel, le commando Hubert constitue l’essentiel de ces "Forces spéciales" que l’armée française déploie avec discrétion, de l’Afghanistan à la Côte d’Ivoire en passant par les Balkans. A tous ces hommes de l’ombre et du renseignement, la ministre de la défense était venue dire que le pays compte sur eux : "Les Français ont besoin d’être rassurés", a-t-elle expliqué.

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Vue aérienne du porte-avion Charles de Gaulle (bas) et du nouveau navire de la marine collecteur de renseignements "Le Dupuy de Lôme" prise, le 28 octobre 2005 à Toulon.


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