jeudi 19 octobre 2017

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Des satellites tueurs lancés par le Pentagone ?

Jean Guisnel, Lepoint.fr

lundi 2 février 2009, sélectionné par Spyworld

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La DARPA (Defense Advanced Research Project Agency) américaine avait lancé en juin 1986 deux micro-satellites aux performances classifiées et inconnues, appelés MITEX ( Micro-satellite Technology Experiment) . Curieusement, le dernier étage de la fusée Delta II 7925 destiné à placer ces petits engins en orbite géostationnaire présentait des caractéristiques très particulières. Alors même que cette partie du lanceur est généralement destinée à disparaître dès sa mission accomplie, ce n’était pas le cas cette fois-ci, ce dernier étage possédant notamment des panneaux solaires.

À ce premier mystère qui agite sérieusement depuis deux ans une très petite communauté de cinglés de technologie spatiale , s’en ajoute un second : pourquoi donc envoyer si loin dans l’espace - vers 36.000 km, là où ne croisent que des satellites d’observation et de transmission - des micro-satellites de 200 kg, qui auront pour principale caractéristique de n’être que très très difficilement détectable par les systèmes d’observation basés à terre ?

Officiellement, la DARPA ne parlait que de satellite de recherche et de démonstration technologique. Mais les petits malins pensaient que tout ceci pouvait avoir quelque relation avec l’expérimentation de satellites tueurs, comme les projets DART ou XSS-11 . Mais voici que la semaine dernière, le magazine New Scientist nous apprend que les deux petits MITEX, MITEX A , fabriqué par Orbital Sciences, et MITEX B , une production de Lockheed Martin, ont mené une danse inédite à proximité immédiate d’un satellite d’alerte antimissiles, le DSP 23 . Car le petit dernier de ce programme stratégique est en panne , et il faut trouver le moyen de le réparer. Seulement le réparer ? Ne s’agit-il pas plutôt, ou simultanément, de tester des capacités d’approche vers d’autres satellites appartenant à d’autres puissances, et de vérifier d’éventuels moyens de destruction ? Cette hypothèse a été admise auprès du site Spaceflight Now par un expert du Pentagone, qui reconnaît qu’il s’agit d’un "nouvel outil pouvant théoriquement conduire une attaque contre un satellite en orbite géostationnaire".

La militarisation de l’espace progresse

Pour les puissances moyennes, comme la France, qui disposent de satellites d’observation et de communication militaires, mais ne sont pas en mesure de les protéger, la possession par les États-Unis d’une arme spatiale de cette nature ne constitue pas une menace en soi. Mais il est évident que la militarisation de l’espace progresse, et que deux acteurs, les États-Unis et la Chine, se placent de ce point de vue dans le peloton de tête. Si l’expérience MILTEX est une nouveauté, les États-Unis sont très engagés depuis longtemps dans ce processus. Le 20 février 2008 entre autres, l’US Navy avait détruit avec un missile SM-3 , depuis le croiseur Aegis USS Lake Erie , le satellite d’imagerie NROL-21L (USA 193) du National Reconnaissance Office, en perdition à 247 km de la Terre.

Un an auparavant, le 22 janvier 2007, la Chine avait détruit un satellite en orbite à 800 km de la terre avec un missile tiré depuis le sol. Les Chinois avaient alors affirmé que ce tir "ne constituait pas une menace à l’encontre de qui que ce soit ou un moyen de s’engager dans une course pour la militarisation de l’espace". Et ils voudraient qu’on les croie ?


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