vendredi 15 décembre 2017

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La France peaufine son retour au sein de l’Otan

Julie Connan, le Figaro, avec AFP

jeudi 5 février 2009, sélectionné par Spyworld

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Selon Le Monde, Paris a obtenu de Washington deux postes de commandement, aux Etats-Unis et au Portugal, comme préalable à sa réintégration au sein de la structure militaire de l’Alliance atlantique, que la France a quittée en 1966.

Nicolas Sarkozy avait officialisé en juin son intention de faire reprendre à la France toute sa place au sein du commandement intégré de l’Otan. Selon Le Monde daté de jeudi, Paris est en train de finaliser ce retour, au sein de la structure militaire de l’organisation, que la France du général De Gaulle avait quittée en 1966. Cette réintégration devrait être annoncée officiellement d’ici au sommet de l’Otan prévu les 3 et 4 avril à Strasbourg et à Kehl, en Allemagne.

Pour ce faire, écrit le quotidien qui dit avoir confirmé des informations rapportées sur le blog Secret Défense du journal Libération, l’Elysée « a obtenu l’accord des Etats-Unis que deux commandements soient attribués à des généraux français au sein de l’Otan ».

Il s’agit d’une part d’un commandement à Norfolk, Virginie, aux Etats-Unis, appelé Allied Command Transformation (ACT), et « en charge de piloter les transformations de l’Alliance (doctrine, organisation et emploi des forces) ». Seul bémol, note Le Monde, ce commandement n’a « aucun rôle quant aux opérations en cours ».

Quant au second poste, il s’agit d’un commandement régional à Lisbonne, où se trouve le quartier général de la Force de réaction rapide de l’Otan ainsi qu’un centre d’analyses de photos satellite. Mais là encore, il s’agit d’un poste de « moindre importance », selon le quotidien.

Un dossier négocié par Lévitte et Jones

L’Elysée, sollicité par l’Agence France-Presse, a indiqué « ne pas faire de commentaire sur des spéculations ». « Ce sont des postes de ce niveau et de cette nature qui ont été négociés », a indiqué de son côté une source proche du dossier également interrogée par l’AFP, sans confirmer toutefois qu’il puisse s’agir des postes précis évoqués par Le Monde.

« Tout ce que l’on peut dire aujourd’hui, c’est que ce sont deux postes que les Etats-Unis sont prêts à lâcher et que la France est prête à occuper », a toutefois tempéré une source militaire de l’Otan.« La France n’est pas forcément seule sur les rangs et les discussions sur la révision des effectifs des états-majors ne sont pas terminées, les 28 nations concernées devant rendre leur premier avis sur la question d’ici une quinzaine de jours », a-t-on encore indiqué de même source.

D’après Le Monde, ces deux attributions ont été notamment négociées entre le conseiller diplomatique à l’Elysée, Jean-David Lévitte et le conseiller de Barack Obama pour la sécurité nationale, le général James Jones.

Concrètement, le retour de la France dans l’Otan ne devrait pas changer grand-chose, car depuis le début des années 1990, Paris l’a déjà partiellement réintégré. Les Français sont même les cinquièmes contributeurs de l’Alliance. Elle est aussi l’un des pays qui lui fournit le plus de troupes. Au total, précise le journal, la réintégration de la France devrait se traduire par l’envoi de 900 militaires français dans la structure intégrée.

Entre 1996, Jacques Chirac avait lui aussi tenté ce retour au sein de l’Otan, mais il s’était vu refuser le commandement Sud de l’Otan, à Naples, jugé très stratégique.

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