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Le Charles de Gaulle en entraînement intensif après 18 mois d’arrêt

AFP

jeudi 5 février 2009, sélectionné par Spyworld

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Après une parenthèse de 18 mois, Nicolas V., pilote de Super Etendard, a ressenti "une légère appréhension" en posant de nouveau son chasseur sur la piste étroite du Charles de Gaulle.

Comme les 1.500 autres marins et aviateurs du bord, il doit encore retrouver ses repères sur l’unique porte-avions français, qui a repris la mer début novembre après sa première grande révision et le renouvellement du combustible de ses deux réacteurs nucléaires.

Le lieutenant de vaisseau Nicolas V. -nom de guerre "Poppers", 150 appontages à son actif- s’est vite rassuré : "finalement, tout s’est bien passé, j’ai apponté à la première passe, proprement et en sécurité".

"Après, c’est comme le vélo, ça revient très vite", explique-t-il, même s’il faut encore "retrouver les réflexes et se ré-acclimater à l’environnement et aux contraintes du porte-avions".

Depuis novembre, l’entraînement a repris sans relâche à bord du Charles de Gaulle, qui doit être déclaré opérationnel à la fin du printemps. Difficulté supplémentaire : depuis son arrêt, près de la moitié de l’équipage a été renouvelée et doit apprendre les métiers du bord, souvent très pointus.

Le porte-avions a repris la mer modernisé : ses soutes à munitions ont été adaptées pour accueillir les nouveaux armements (dont le missile de croisière du Rafale, le SCALP-EG), ses transmissions améliorées, il est doté d’un nouveau centre de renseignement...

"Le bateau fonctionne à merveille, il lance des avions, va vite et a les performances attendues", se félicite son commandant, le capitaine de vaisseau Stéphane Boivin qui avait supervisé les travaux de l’IPER (Indisponibilité périodique pour entretien et réparation).

Celle-ci, explique-t-il, a permis de "remettre à niveau et moderniser près de 200 installations majeures, y compris les chaufferies nucléaires".

Mais, faute d’un second porte-avions qui aurait permis de poursuivre l’entraînement de l’équipage dans l’intervale, "les savoir-faire de base ont été entretenus autant que faire ce peut mais tout le travail en équipe s’est perdu petit à petit", constate cependant le "Pacha".

Le Charles de Gaulle arbore aussi des hélices flambant neuves, construites selon les plans d’origine.

Le 10 novembre 2000, une pale d’une hélice similaire s’était rompue alors qu’il croisait dans le Triangle des Bermudes. Au prix d’une baisse de performances, il naviguait depuis avec des hélices prévues pour les anciens porte-avions Clemenceau et Foch.

Venu à bord jeudi afin de féliciter industriels et marins pour des travaux menés dans les temps, M. Morin a indiqué que l’IPER représentait un investissement de "300 millions d’euros et 2,4 millions d’heures de travail pour 1.600 personnes oeuvrant jour et nuit".

Le ministre a également donné du baume au coeur à son auditoire, jugeant l’acquisition d’un second porte-avions "logique".

"Dès lors que la France considère que nous avons besoin d’un bâtiment qui est un instrument de projection de puissance, en mesure de participer à la prévention des crises et à notre dissuasion (nucléaire, NDLR), la cohérence veut que nous ayons un deuxième porte-avions", a-t-il souligné.

Le suspens reste toutefois entier pour quelques années encore. "La question se posera le moment venu, c’est-à-dire en 2012", a prévenu le ministre.


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